Frise chronologique
1900
Acquisition du terrain et du pavillon des vins
Acquisition du terrain et du pavillon des vins
1900 (≈ 1900)
Alfred Boucher achète le terrain et récupère des éléments de l'Exposition universelle.
1902
Fondation de La Ruche
Fondation de La Ruche
1902 (≈ 1902)
Inauguration de la cité d'artistes par Alfred Boucher.
1910
Apogée de La Ruche
Apogée de La Ruche
1910 (≈ 1910)
90 artistes et 110 ateliers en activité.
19 janvier 1972
Classement monument historique
Classement monument historique
19 janvier 1972 (≈ 1972)
Protection des façades et toitures du bâtiment.
1985
Création de la fondation La Ruche-Seydoux
Création de la fondation La Ruche-Seydoux
1985 (≈ 1985)
Reconnue d'utilité publique pour gérer le site.
2009
Convention de restauration
Convention de restauration
2009 (≈ 2009)
Partenariat avec les fondations Total et du Patrimoine.
2017
Ouverture d'une salle d'expositions
Ouverture d'une salle d'expositions
2017 (≈ 2017)
Espace dédié au rez-de-chaussée, ouvert toute l'année.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toiture du bâtiment dit La Ruche (en rotonde) : inscription par arrêté du 19 janvier 1972
Personnages clés
| Alfred Boucher - Fondateur et sculpteur |
Créateur de La Ruche en 1902. |
| Gustave Eiffel - Ingénieur |
Concepteur de la structure métallique du pavillon. |
| Amedeo Modigliani - Peintre et sculpteur |
Artiste résident emblématique de La Ruche. |
| Chaïm Soutine - Peintre expressionniste |
Figure majeure ayant vécu à La Ruche. |
| Marc Chagall - Peintre et graveur |
Artiste ayant résidé dans la cité. |
| Louis Jouvet - Comédien et metteur en scène |
A débuté au théâtre de La Ruche. |
Origine et histoire
La Ruche est une cité d'artistes fondée en 1902 par le sculpteur Alfred Boucher dans le 15e arrondissement de Paris. Installée au 2 passage de Dantzig, elle réutilise des éléments de l'Exposition universelle de 1900, dont le pavillon des vins de Bordeaux (structure métallique de Gustave Eiffel) et la grille du pavillon des femmes. Ce lieu de 5 000 m2, organisé autour d’un bâtiment octogonal de trois étages, abrite une soixantaine d’ateliers de 30 m2 chacun. Son nom évoque l’activité créative intense de ses occupants, comparés à des abeilles.
Conçue pour soutenir de jeunes artistes sans ressources, La Ruche accueille des figures majeures de l’art moderne comme Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine, Marc Chagall, Fernand Léger et Constantin Brâncuși. Entre 1902 et 1910, elle devient un foyer artistique rivalisant avec le Bateau-Lavoir de Montmartre. Un théâtre de 300 places, aujourd’hui disparu, y voit débuter Louis Jouvet et accueille des personnalités comme Jacques Copeau. En 1910, la cité compte 90 artistes et 110 ateliers, avec des règles strictes, dont des séances de dessin avec modèle vivant.
Classée monument historique en 1972 pour ses façades et toitures, La Ruche reste un lieu actif avec une soixantaine d’ateliers occupés par des artistes locataires à vie. Depuis 1985, la fondation La Ruche-Seydoux, reconnue d’utilité publique, en assure la gestion. Une convention tripartite signée en 2009 avec les fondations Total et du Patrimoine finance sa restauration. Depuis 2017, une salle d’expositions au rez-de-chaussée accueille deux vernissages mensuels, bien que l’accès au reste de la cité soit restreint, sauf lors des Journées du patrimoine.
À l’international, une réplique de La Ruche a été construite en 1981 à Hokuto, au Japon, pour y accueillir des artistes. En France, le site parisien conserve son prestige historique, lié à son rôle dans l’émergence de l’avant-garde artistique du XXe siècle. Son architecture unique, mêlant héritage industriel et vocation créative, en fait un symbole de la vie bohème montparnassienne.
L’iconographie de La Ruche inclut des œuvres comme La Ruche vue de la fenêtre de l’atelier (1916) de Pinchus Krémègne, ou des hommages comme Soutine (1993) d’Eduardo Arroyo. Ces représentations témoignent de son influence durable sur les artistes qui y ont résidé. Aujourd’hui, bien que fermée au public en temps normal, elle reste un lieu mythique, géré par un mécénat privé et des subventions publiques.