Origine et histoire des Ateliers Nicolas Lorin
Les ateliers Lorin, installés à Chartres depuis 1863, sont les plus anciens ateliers de vitraux encore en activité dans cette ville réputée pour ses vitraux médiévaux. Fondés par Nicolas Lorin, ils se sont d’abord établis rue Saint-Cheron avant de s’installer au bord de l’Eure, au 46 rue de la Tannerie, un site inscrit aux monuments historiques en 1999. L’atelier a traversé plusieurs générations, avec des figures marquantes comme Charles Lorin (1866-1940) et François Lorin (1900-1972), qui ont perpétué l’art du vitrail et contribué à des restaurations majeures, notamment pour la cathédrale de Chartres.
En 1878, lors de l’Exposition Universelle, l’atelier employait 53 personnes, illustrant son importance économique et artistique. Après la Seconde Guerre mondiale, François Lorin a maintenu l’activité jusqu’en 1972. L’atelier a ensuite été repris par Gérard Hermet et Mireille Juteau (1973-2017), puis par Élodie Vally, François Ratkoff et Claire Babet (2017-2019). Depuis 2020, Élodie Vally gère seule l’atelier, tout en collaborant avec la mairie de Chartres pour préserver le fonds d’archives et les locaux historiques, situés dans l’ancien quartier médiéval des métiers de la rivière.
Les réalisations des ateliers Lorin, issues de plus de 6 000 chantiers sur 160 ans, s’étendent en France (notamment en Centre-Val de Loire, Île-de-France, ou Nouvelle-Aquitaine) et à l’étranger (Vietnam, Jérusalem, États-Unis). Leur patrimoine comprend des œuvres classées ou répertoriées dans l’inventaire général, comme en témoignent les données de la base Palissy. En 2021, un inventaire collaboratif en ligne a été lancé pour préparer une exposition à la collégiale Saint-André de Chartres, soulignant l’ancrage local et l’héritage artistique de ces ateliers.
Les locaux, peu modifiés depuis leur création en 1869, conservent une partie de leur équipement d’origine, comme des outils de la fin du XIXe siècle. Leur situation entre l’Eure et le fossé de la ville, dans un secteur préservé par le Secteur sauvegardé, renforce leur valeur patrimoniale. L’atelier a également joué un rôle clé dans la restauration de vitraux pour des cathédrales françaises et des monuments historiques, sous l’impulsion de Charles Lorin, membre de la Chambre syndicale des artistes décorateurs et lauréat de la Société centrale des architectes.
Aujourd’hui, les ateliers Lorin continuent de créer et restaurer des vitraux, tout en œuvrant pour la sauvegarde de leur patrimoine matériel et immatériel. Leur histoire reflète l’évolution des techniques verrières, ainsi que l’adaptation d’un métier d’art aux défis contemporains, entre préservation du savoir-faire et innovation. La collaboration avec la mairie de Chartres, notamment pour la numérisation des archives, illustre leur engagement dans la transmission de ce patrimoine unique.