Frise chronologique
1925
Projet lancé
Projet lancé
1925 (≈ 1925)
Proposition du maire Eugène Milliès-Lacroix.
juillet 1926
Incendie précédent
Incendie précédent
juillet 1926 (≈ 1926)
Destruction de l’ancien casino et thermes.
1er juillet 1928
Inauguration
Inauguration
1er juillet 1928 (≈ 1928)
Ouverture avec l’opéra *Mireille* de Gounod.
1968
Acquisition municipale
Acquisition municipale
1968 (≈ 1968)
Devenu propriété de la ville.
16 octobre 2000
Inscription MH
Inscription MH
16 octobre 2000 (≈ 2000)
Protection au titre des monuments historiques.
2005
Réouverture
Réouverture
2005 (≈ 2005)
Après restauration complète.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Atrium Casino (cad. AD 363 à 365) : inscription par arrêté du 16 octobre 2000
Personnages clés
| Eugène Milliès-Lacroix - Maire de Dax |
Initiateur du projet en 1925. |
| André Granet - Architecte principal |
Concepteur, spécialiste du béton armé. |
| Albert Pomade - Architecte local |
Collaborateur dacquois du projet. |
| Jean Prunetti - Architecte local |
Associé à la réalisation. |
| Louis Barillet - Maître-verrier |
Auteur des vitraux du bar. |
| Victor Coutray - Décorateur ensemblier |
Design du mobilier intérieur. |
Origine et histoire
L’Atrium Casino de Dax, inauguré en 1928, est né d’une initiative du maire Eugène Milliès-Lacroix pour dynamiser la station thermale. Conçu par les architectes André Granet (Paris), Albert Pomade et Jean Prunetti (Dax), il incarne l’esthétique Art déco, mêlant béton armé et références antiques. Son amphithéâtre à ciel ouvert, ses vitraux signés Louis Barillet et ses décors de stuc doré en font un joyau architectural. Le bâtiment, propriété municipale depuis 1968, a souffert des intempéries avant d’être restauré et rouvert en 2005 après son inscription aux Monuments historiques en 2000.
Dès son ouverture, l’Atrium Casino se positionne comme un lieu polyvalent, accueillant bals, opéras (comme Mireille de Gounod à l’inauguration), projections cinématographiques et soirées mondaines. Il attire une clientèle internationale venue pour les thermes, tout en devenant un espace de rassemblement pour les Dacquois. Les concerts, bals dominicaux et séances de cinéma renforcent son ancrage dans la vie culturelle locale, comme en témoignent les archives de la presse des années 1930.
L’architecture de l’Atrium Casino illustre une synthèse entre modernité technique et inspiration antique. Le béton armé, utilisé pour sa liberté formelle, structure des volumes monumentaux comme le hall d’entrée aux frontons interrompus ou les loges en encorbellement. À l’intérieur, les décors intérieurs – vitraux abstraits du bar, rampes en fer forgé, mosaïques du hall – sont signés par des artisans renommés, dont le maître-verrier Louis Barillet et le décorateur Victor Coutray. Ces éléments rappellent l’esprit des Arcades des Champs-Élysées à Paris, tout en affirmant une identité locale.
Le déclin de l’édifice, lié à son inadaptation au climat océanique, conduit à sa fermeture après sixty ans d’activité. Les travaux de restauration, centrés sur la grande salle de 800 places aux stucs dorés et argentés (décrits comme un « jardin extraordinaire » par un historien d’art), redonnent vie au lieu. Aujourd’hui, l’Atrium Casino propose spectacles, galas et concerts, perpétuant son rôle de pivot culturel dans les Landes.
Le projet initial, porté par André Granet et Roger-Henri Expert, prévoyait un complexe plus vaste incluant deux casinos et plusieurs hôtels, destiné à remplacer les thermes et l’ancien casino détruit par un incendie en 1926. Seul l’Atrium Casino et l’Hôtel Splendid voisin seront réalisés. L’édifice, propriété de la ville depuis 1968, symbolise l’âge d’or des stations thermales et l’audace architecturale de l’entre-deux-guerres.