Frise chronologique
14 juillet 1796
Décision municipale
Décision municipale
14 juillet 1796 (≈ 1796)
Commande de l’autel par la municipalité.
22 septembre 1796
Inauguration initiale
Inauguration initiale
22 septembre 1796 (≈ 1796)
Cérémonie place du Marché (1er vendémiaire an V).
1810
Transfert au cimetière
Transfert au cimetière
1810 (≈ 1810)
Sauvetage par déplacement à Saint-François.
1948
Réinstallation et décorations
Réinstallation et décorations
1948 (≈ 1948)
Ajout Légion d’honneur et Croix de guerre.
15 septembre 1995
Classement MH
Classement MH
15 septembre 1995 (≈ 1995)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Autel (cad. 2 56) : classement par arrêté du 15 septembre 1995
Personnages clés
| Mathias Robert - Maçon-entrepreneur |
A exécuté l’autel en 1796. |
| Citoyen Mangin - Architecte et adjoint du génie |
Organisateur de la fête inaugurale. |
| Vincent Auriol - Président de la République |
Présida la cérémonie de 1948. |
| Merlin de Thionville - Député |
Destinataire du récit de l’inauguration. |
Origine et histoire
L’Autel de la Patrie de Thionville, érigé en 1796 place du Marché (actuelle place Claude-Arnould), est un rare vestige des autels révolutionnaires ayant survécu au Premier Empire. Commandé par la municipalité le 26 Messidor an IV (14 juillet 1796) pour remplacer un autel provisoire en bois, il fut exécuté par le maçon Mathias Robert pour 150 livres. Ce monument néo-classique en calcaire jaune porte une inscription commémorative : « Érigé à la mémoire de la Révolution et des conquêtes du peuple français, le 1er vendémiaire an V » (22 septembre 1796), marquant l’anniversaire de la fondation de la République. Il arbore aussi un symbole déiste maçonnique, un œil entouré de rayons, évoquant la connaissance.
Son inauguration, rapportée au député Merlin de Thionville, fut une cérémonie fastueuse le 30 frimaire an V (20 décembre 1796), mêlant cortège militaire, chants patriotiques et discours. Un char antique, des déesses allégoriques (dont celle de la paix), et des sages-femmes présentant des nouveau-nés symbolisaient l’espoir républicain. Transféré en 1810 au cimetière Saint-François pour échapper à la destruction, il y fut surmonté d’une croix. En 1948, la municipalité le réinstalla place Claude-Arnould, y ajoutant la Légion d’honneur (1920) et la Croix de guerre (1948) avec la mention « Thionville a bien mérité de la patrie », lors d’une cérémonie présidée par le président Vincent Auriol.
Classé aux monuments historiques depuis le 15 septembre 1995, cet autel est considéré comme le dernier de son genre en France. Son iconographie et son histoire reflètent les idéaux révolutionnaires, entre laïcité, patriotisme et symbolisme maçonnique. La colonne, initialement conçue comme un lieu de rassemblement civique, illustre aussi les tensions entre mémoire révolutionnaire et adaptations politiques ultérieures, comme son sauvetage sous l’Empire ou sa réappropriation après 1945.