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Propriété de la commune
Frise chronologique
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
…
1700
1800
1900
2000
26 messidor an IV (14 juillet 1796)
Décision municipale
Décision municipale 26 messidor an IV (14 juillet 1796) (≈ 4)
Décision de construire l'autel de la Patrie à Thionville.
1er vendémiaire an V (22 septembre 1796)
Inauguration initiale
Inauguration initiale 1er vendémiaire an V (22 septembre 1796) (≈ 5)
Date inscrite sur la colonne commémorant la fondation de la République.
3 pluviôse an V (22 janvier 1798)
Cérémonie d'inauguration
Cérémonie d'inauguration 3 pluviôse an V (22 janvier 1798) (≈ 5)
Fête républicaine décrite dans une lettre au député Merlin de Thionville.
6 juillet 1792
Décret de la Convention
Décret de la Convention 6 juillet 1792 (≈ 1792)
Décret ordonnant la construction d'autels de la Patrie.
1796
Construction de l'autel
Construction de l'autel 1796 (≈ 1796)
Édification de l'autel par le maçon Mathias Robert.
1810
Transfert au cimetière
Transfert au cimetière 1810 (≈ 1810)
Déplacement de l'autel au cimetière Saint-François pour éviter sa destruction.
1948
Réinstallation place Claude-Arnould
Réinstallation place Claude-Arnould 1948 (≈ 1948)
Déplacement de l'autel accompagné d'une cérémonie présidée par Vincent Auriol.
1995
Classement monument historique
Classement monument historique 1995 (≈ 1995)
L'autel de la Patrie est classé aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Autel (cad. 2 56) : classement par arrêté du 15 septembre 1995
Personnages clés
Mathias Robert
Maçon ayant construit l'autel de la Patrie en 1796.
Vincent Auriol
Président ayant présidé la cérémonie de réinstallation en 1948.
Citoyen Mangin
Organisateur de la fête républicaine d'inauguration en 1798.
Origine et histoire de l'Autel de la Patrie
L'autel de la Patrie est situé à Thionville (Moselle) et classé aux monuments historiques depuis 1995. Il figure parmi les rares autels de la Patrie ayant survécu au Premier Empire. L'édifice, une colonne néo-classique en calcaire jaune, a été exécuté par le maçon Mathias Robert pour 150 livres après la décision municipale du 26 messidor an IV (14 juillet 1796), prise à la suite du décret de la Convention du 6 juillet 1792 pour remplacer un autel provisoire en bois. Il fut élevé en 1796 sur la place du Marché, alors appelée place de la Révolution. La colonne porte l'inscription « Érigé à la mémoire de la Révolution et des conquêtes du peuple français, le 1er vendémiaire an V » ; la date mentionnée correspond à l'anniversaire de la fondation de la République. L'ornement comporte le symbole déiste et maçonnique d'un œil entouré de rayons, interprété comme symbole de la connaissance. En 1810, pour lui éviter la destruction, l'autel fut transféré au cimetière Saint‑François où il fut surmonté d'une croix. En 1948, le conseil municipal décida de le réinstaller sur la place Claude‑Arnould ; une grande cérémonie présidée par Vincent Auriol accompagna ce déplacement et l'on ajouta alors les deux décorations (la Légion d'honneur, 1920, et la croix de guerre, 1948) ainsi que l'inscription « Thionville a bien mérité de la patrie ». L'inauguration originelle a été décrite dans une lettre au député Merlin de Thionville datée du 3 pluviôse an V (22 janvier 1798), qui relate une fête républicaine organisée par le citoyen Mangin avec salves de canon et sonneries de cloches, troupes sous les armes et défilé depuis la maison commune jusqu'à l'autel sur la place du marché. Le cortège comprenait, selon ce récit, la gendarmerie, une pyramide porteuse d'inscriptions, d'anciens défenseurs blessés, vingt‑quatre nymphes vêtues de blanc chantant des hymnes patriotiques, un char antique aux couleurs nationales tiré par trois chevaux et portant deux déesses dont l'une était la Paix, l'état‑major, des détachements de dragons, la municipalité et divers employés. Au moment de la cérémonie, la municipalité et les chefs militaires montèrent sur un amphithéâtre, des parrainages eurent lieu pour trois enfants présentés par des sages‑femmes, puis des couronnements militaires et la remise de branches de laurier furent exécutés par les déesses. Les décors ajoutés en 1948 et l'inscription commémorative figurent aujourd'hui sur le monument. Il est possible qu'il s'agisse du dernier autel de la Patrie subsistant en France.