Origine et histoire des Autels tauroboliques
Les autels tauroboliques de Die (Drôme) sont des monuments antiques commémorant des tauroboles, sacrifices de taureaux souvent associés à des crioboles (sacrifices de béliers) en l’honneur de la déesse Cybèle et de son parèdre Attis. Die, l’ancienne Dea Augusta Vocontiorum, capitale des Voconces, acquiert le statut de colonie romaine aux IIe–IIIe siècles et devient un des centres importants du culte de Cybèle, attesté le long de la vallée du Rhône jusqu’à Lyon notamment par de nombreux autels tauroboliques. La carrière d’où proviennent les blocs de ces autels a été identifiée à peu de distance de Die. Quatre d’entre eux sont conservés au musée de la ville et classés au titre des monuments historiques depuis le 12 juillet 1886 ; d’autres ont été intégrés à des bâtiments ou sont passés en mains privées.
L’autel dit de Titus Helvius Marcellinus et Valeria Decumillia, trouvé dans le jardin de la maison Guyon, porte sur sa face avant une tête de taureau ornée d’infulae et une tête de bélier, ainsi qu’un cadre sculpté renfermant un harpè (couteau du sacrifice), un tympanon, un caducée, un tibia, une corne et une paire de cymbales ; il est connu par l’inscription CIL XII, 1569 et date de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle. L’autel découvert dans le jardin de la maison Lamorte-Félines présente un décor comparable — tête de taureau avec bandelettes, tête de bélier tournée vers la gauche, harpè, tibia et corne croisées, tympanon, caducée et cymbales — ; l’inscription supérieure a été effacée et il est daté de la seconde moitié du IIe siècle. L’autel provenant de la ferme de Salières, trouvé près de Die, a une inscription partiellement effacée et un décor analogue ; ses dimensions sont 1,34 m de hauteur, 0,42 m de largeur et 0,17 m de profondeur, et il est daté de la fin du IIe siècle. La partie supérieure d’un autre autel, découverte place de la République, montre les têtes de taureau et de bélier ; les motifs inférieurs n’ont pas été conservés ; l’inscription est référencée AE 1889, 81 et l’objet est daté entre 198 et 209, très probablement en 208.
Parmi les autels conservés hors musée figure celui dit du tribunal, retrouvé et encastré dans le mur du tribunal de Die : en calcaire, sans inscription visible, il présente des têtes de taureau avec infulae et de bélier, surmontant un caducée, une corne et un tibia croisés, un tympanon, un harpè et une paire de cymbales. L’autel de Saint-Auban, trouvé sur la route de Die à Pontaix et placé autrefois sur une fontaine à Die, se trouve aujourd’hui dans une collection privée à Ollioules ; il montre des têtes de taureau et de bélier avec bandelettes et porte l’inscription CIL XII, 1568, qui mentionne notamment un prêtre nommé Attius, fils d’Attianus, également attesté sur le premier autel du musée ; il est daté de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle. Un autel découvert à Die, daté par inscription au 30 septembre 245 (CIL XII, 1567), est aujourd’hui perdu.