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Bain rituel juif présumé à Strasbourg dans le Bas-Rhin

Bain rituel juif présumé

  • 67000 Strasbourg
Bain rituel juif présumé
Bain rituel juif présumé
Bain rituel juif présumé
Bain rituel juif présumé
Crédit photo : Photo Claude TRUONG-NGOC - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
21 Rue des Juifs 67000 Strasbourg

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1900
2000
Vers 1200
Construction du mikvé
1349
Destruction et massacre
1391
Expulsion des Juifs
1985
Découverte et inscription
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Escalier d'accès, salle-déshabilloir, bain rituel (cad. 64 19) : inscription par arrêté du 15 novembre 1985

Origine et histoire

Le mikvé de Strasbourg est un monument historique situé au 20, rue des Charpentiers, dans la cave d’un édifice moderne du centre historique, à mi‑chemin entre la cathédrale Notre‑Dame et le palais épiscopal. Il est dédié au bain rituel juif et constitue le seul témoin architectural in situ de la communauté juive médiévale de la ville. Découvert en 1985 lors de la rénovation d’un îlot commencé en 1984 et ayant jusqu’alors abrité l’imprimerie ISTRA, le mikvé avait été signalé par une tradition orale : le n°19 de la rue des Juifs portait dès la fin du XVIe siècle l’appellation Zum Judenbad, « Au bain des Juifs », sans qu’aucune trace matérielle subsistât. Pour éviter la destruction des vestiges, la Société d’Histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine saisit le ministère de la Culture et une convention permit la réalisation d’une campagne de fouilles archéologiques de six mois avant la reprise des travaux; ces fouilles ont dégagé le mikvé médiéval, inscrit au titre des monuments historiques le 15 novembre 1985. Il s’agit d’un mikvé public, implanté au sein d’une synagogue ; un autre mikvé privé a été identifié dans une maison de la rue des Juifs. Le monument est visitable sous conditions, avec possibilité de visites guidées organisées certains jours par la Direction de la Culture de la Ville de Strasbourg. Les premiers Juifs s’installèrent à Strasbourg vers 1150, en provenance de villes allemandes proches du Palatinat, et le mikvé fut construit quelque temps après, sans doute vers 1200, tandis que la communauté commerçante était alors prospère. La situation se dégrada au début du XIVe siècle et s’aggrava après 1347 avec la peste noire : en 1349 la synagogue fut pillée, plusieurs centaines de Juifs furent massacrés et les survivants se convertirent ou fuirent ; certains revinrent en 1362, mais la ville chassa définitivement ses Juifs en 1391, mesure qui ne fut levée qu’à la Révolution française. Après le départ définitif de la communauté, le mikvé fut transformé en puits, comblé et retrouvé lors des fouilles. Le mikvé se présente comme une salle carrée en grès gris d’environ 3 mètres de côté, surmontée d’une voûte en berceau de briques rouges, et ponctuée de quatre consoles de pierre de facture romane sous la voûte. Au centre se trouve un bassin destiné à l’eau de purification, d’un volume minimal estimé à 500 litres, alimenté en totalité ou pour une large part par la nappe phréatique; l’appoint d’eau de pluie, rituellement possible, n’est pas attesté ici. Aujourd’hui la nappe phréatique n’est plus visible car son niveau dans le quartier de la cathédrale se situe à quelque 8 mètres sous le niveau de la rue. La voûte comporte un orifice zénithal circulaire de 0,90 m de diamètre, qui a peut‑être servi à apporter de l’eau de pluie en complément ; au fond du bassin, un aménagement en bois d’emboîtement, dont le type d’assemblage est caractéristique des XIe–XIIe siècles, délimitait un espace de 1,70 × 1,50 m. Les restes d’un escalier en grès gris et rose sont visibles : il descendait de l’entrée, au niveau du sol de la cave, jusqu’à la nappe et s’achevait à la marche donnant accès au bain ; certaines marches furent vraisemblablement réemployées dans la construction ultérieure du puits. Deux niches murales permettaient de poser des chandelles, la base du puits comblé subsiste sous la forme d’un bassin carré constitué de quatre grandes dalles, et l’ouverture décentrée du puits par rapport à l’orifice zénithal pose des questions non résolues. Un local attenant à la salle carrée a pu servir de pièce de déshabillage.

Liens externes

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