Frise chronologique
1770
Inondation dévastatrice
Inondation dévastatrice
1770 (≈ 1770)
Origine de la construction du Bain tempéré.
1771-1772
Construction initiale
Construction initiale
1771-1772 (≈ 1772)
Œuvre de Jean-Louis Deklier Dellile.
1821
Acquisition par l'État
Acquisition par l'État
1821 (≈ 1821)
Premier étage racheté pour aménagements.
1823
Restauration par Grillot
Restauration par Grillot
1823 (≈ 1823)
Reconstruction des parties hautes.
1932
Restructuration par Danis
Restructuration par Danis
1932 (≈ 1932)
Modernisation et comblement des piscines.
2001
Classement monument historique
Classement monument historique
2001 (≈ 2001)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures, la grande salle voûtée du rez-de-chaussée à l'exception du sol en matière plastique et la mosaïque de 1933 (cad. AB 274) : inscription par arrêté du 10 avril 2001
Personnages clés
| Jean-Louis Deklier Dellile - Architecte |
Concepteur du Bain tempéré (1771-1772). |
| Louis XV - Roi de France |
Ordonna sa construction après l’inondation. |
| Nicolas Grillot - Architecte |
Restaura le bâtiment en 1823. |
| Robert Danis - Architecte |
Dirigea la restructuration de 1932. |
Origine et histoire
Le Bain tempéré de Plombières-les-Bains est un établissement thermal construit à la suite d’une inondation dévastatrice qui frappa la ville dans la nuit du 25 au 26 juillet 1770. Sous l’impulsion de Louis XV, une imposition spéciale fut levée sur la province de Lorraine et Barrois pour financer sa construction, ainsi que celle de maisons de la rue Stanislas. L’édifice, conçu par l’architecte Jean-Louis Deklier Dellile entre 1771 et 1772, remplaça deux maisons détruites et fut initialement nommé Bain neuf ou Bain royal. Il s’organisait autour d’une piscine centrale entourée de cabines, typique des établissements thermaux de l’époque.
Au XIXe siècle, l’État acquit le premier étage en 1821 et confia sa restauration à l’architecte Nicolas Grillot en 1823. Ce dernier reconstruit entièrement les parties hautes pour y aménager des salons, remplaçant l’étage d’attique du XVIIIe siècle par un étage carré. Ces modifications reflétaient l’évolution des usages thermaux, passant d’un espace purement curatif à un lieu de sociabilité mondaine, caractéristique des stations thermales sous la Restauration et le Second Empire.
Une restructuration majeure eut lieu en 1932 sous la direction de l’architecte Robert Danis. Les piscines furent comblées, les sols unifiés entre le Bain tempéré et le Bain des Capucins, et un escalier extérieur fut ajouté pour desservir l’étage. Bien que le projet de comble à la Mansart n’ait pas abouti, Danis modernisa l’ensemble tout en préservant des éléments historiques, comme le couloir du XIXe siècle. Des travaux ultérieurs en 1988-1989 et 1996-1998, incluant l’ajout d’une verrière, achevèrent les aménagements contemporains.
Le bâtiment, en pierre de taille de grès vosgien multicolore, se distingue par son architecture rectangulaire et ses grandes baies couvertes ornées de sculptures. Classé monument historique en 2001 pour ses façades, toitures et grande salle voûtée (hors sol plastique et mosaïque de 1933), il illustre l’évolution des pratiques thermales, passant d’une piscine unique à des bassins multiples, puis à un usage mixte balnéaire et thermal. Son histoire reflète aussi les liens entre pouvoir royal, État et développement urbain à Plombières-les-Bains.
Aujourd’hui, le Bain tempéré témoigne de près de trois siècles d’histoire thermale, depuis sa fondation sous Louis XV jusqu’à ses adaptations modernes. Son intégration dans un ensemble thermal plus large, incluant le Bain des Capucins et le Bain national, souligne son rôle central dans le patrimoine architectural et culturel des Vosges et de la région Grand Est.