Patrimoine classé
Les parties suivantes des bains municipaux, conformément aux plans I et II annexés à l'arrêté : les façades et toitures du bâtiment des bains, y compris l'escalier principal avec ses lampadaires, le solarium, les cours anglaises de la façade principale et le sol s'étendant entre la rue des Bains et le bâtiment des bains, avec les balustrades les bordant, les façades et toitures du bâtiment des bains médicaux avec ses deux cours en contrebas, les façades , toiture et cheminée du bâtiment de la chaufferie, ainsi que la portion d'origine du mur d'enceinte, les intérieurs suivants : au rez-de-chaussée du bâtiment des bains : la rotonde d'entrée avec ses dégagements, les deux bassins de natation avec leurs dégagements, douches, pédiluves, vestiaires y compris la robinetterie d'origine, au premier étage du bâtiment des bains : la totalité des installations des bains romains, et dans l'aile Est trois cabines de bains avec baignoire d'origine, y compris la robinetterie d'origine, au rez-de-chaussée du bâtiment des bains médicaux : la grande salle d'hydrothérapie, y compris les deux piscines, les douches et la robinetterie d'origine, situées 10 boulevard de la Victoire (cad. 28 36) : classement par arrêté du 20 décembre 2017
Personnages clés
| Fritz Beblo - Architecte en chef |
Concepteur des Bains (1905-1908), style wilhelminien. |
| François Chatillon - Architecte de la rénovation |
Pilote des travaux 2019-2021. |
Origine et histoire des Bains municipaux
Les Bains municipaux de Strasbourg, situés au 10 boulevard de la Victoire dans le quartier de la Neustadt, ont été construits entre 1905 et 1908 par l’architecte allemand Fritz Beblo, dans le cadre d’un projet sanitaire et social impulsé par l’Empire allemand. L’édifice, achevé en 1908 avec une annexe médicale ajoutée en 1910, combine béton armé, éléments néo-classiques (colonnades) et décors néorégionalistes. Il comprenait initialement des douches publiques, deux piscines, des bains romains et des espaces de sociabilité, reflétant les enjeux hygiénistes et sociaux de l’époque.
Classés monument historique en 2017 (après une inscription en 2000), les Bains municipaux ont subi une rénovation majeure entre 2018 et 2021, pilotée par l’architecte François Chatillon. Ce projet de 40 M€, financé par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, a modernisé les infrastructures (réduction de 41 % de la consommation énergétique et 82 % de celle de l’eau) tout en préservant le patrimoine architectural. Des espaces bien-être (spa, saunas, bassin nordique) et des équipements contemporains (salle de fitness, cuisine pédagogique) ont été ajoutés.
Le bâtiment, symbole de la période wilhelminienne, a également accueilli des événements culturels marquants, comme des concerts dans les bassins lors du festival Musica (1984, 1986) ou des projections cinématographiques (ex. : Les Dents de la mer en 2016). Depuis novembre 2021, sa gestion est confiée au groupe Equalia, marquant une nouvelle ère pour ce lieu emblématique strasbourgeois.
Architecturalement, les Bains municipaux se distinguent par leur organisation en pôles d’activité (bassins séparés pour hommes et femmes, bains romains, chaufferie) et leur décor intérieur mêlant stucs, marbres et influences néo-baroques. La rénovation a conservé ces éléments originaux, y compris les peintures murales et la robinetterie, tout en intégrant des innovations écologiques et des aménagements modernes.
Leur création répondait à un besoin croissant d’hygiène publique à Strasbourg, où la population urbaine avait doublé à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, l’établissement allie patrimoine historique et fonctionnalité contemporaine, avec des équipements comme un solarium, des cours anglaises, et un bassin nordique chauffé à 30 °C, accessible en plein air.
Les Bains municipaux illustrent aussi les échanges culturels et techniques entre la France et l’Allemagne, comme en témoignent leur conception par Fritz Beblo et leur préservation en tant que dernier exemple intact de bains publics wilhelmiens encore en usage. Leur réouverture en 2021 a confirmé leur rôle central dans la vie sociale et culturelle strasbourgeoise.