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Banc-reposoir de Kutzenhausen dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine rural Banc-reposoirs

Banc-reposoir de Kutzenhausen

  • 31 RD 28
  • 67250 Kutzenhausen
Banc-reposoir de Kutzenhausen
Banc-reposoir de Kutzenhausen
Banc-reposoir de Kutzenhausen
Banc-reposoir de Kutzenhausen
Crédit photo : Ji-Elle - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
67250 Kutzenhausen, 31 RD 28

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Lettre préfectorale aux municipalités
1811-1812
Construction des premiers bancs-reposoirs
1854
Seconde vague de constructions
1906
Abandon de l’entretien
20 octobre 1982
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir dit banc du Roi de Rome (parties subsistantes) (cad. 6 221) : inscription par arrêté du 20 octobre 1982

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811) Commanditaire des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction des bancs.
Napoléon Ier - Empereur des Français Inspirateur via la naissance du Roi de Rome.
Napoléon III - Empereur des Français Bénéficiaire des bancs de 1854.
Marie-Louise d’Autriche - Épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome célébré.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspiratrice des bancs de 1854.

Origine et histoire du Banc-reposoir

Le banc-reposoir de Kutzenhausen, situé dans le village alsacien du même nom, date du 1er quart du XIXe siècle. Il fait partie d’une série de monuments publics construits en Alsace entre 1811 et 1812, à l’initiative du préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia. Ces bancs, appelés « Nabele Bänk » (« bancs de Napoléon »), commémoraient la naissance du « Roi de Rome » (fils de Napoléon Ier et Marie-Louise d’Autriche). Leur conception répondait à un double objectif : offrir un lieu de repos aux paysans transportant des charges lourdes vers les marchés, et marquer symboliquement le territoire de monuments impériaux. Une lettre préfectorale du 22 avril 1811 enjoignait aux municipalités d’ériger ces reposoirs tous les 2,5 km, accompagnés de quatre à cinq arbres pour l’ombre.

Ces bancs-reposoirs étaient spécialement adaptés aux usages locaux. Les paysannes y déposaient leurs paniers, protégés par un coussin (« der Wisch »), sur la dalle supérieure, tandis que les paysans accrochaient leurs hottes en cuir sur des bornes latérales. Les cavaliers pouvaient aussi s’aider de ces bornes pour remonter en selle. Les frais de construction étaient initialement à la charge des communes, mais certaines, invoquant un relief trop accidenté, refusèrent de se conformer. Sur les 125 bancs construits en 1811, peu ont survécu jusqu’à aujourd’hui, victimes de l’érosion, des conflits ou de l’abandon.

Une seconde vague de constructions eut lieu en 1854, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West, reprenant l’idée de Lezay-Marnésia pour célébrer le mariage de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie. Cette fois, le département finançait partiellement les 448 nouveaux bancs en grès des Vosges. Cependant, leur entretien fut négligé après 1870, lors de l’annexion allemande de l’Alsace. En 1906, une campagne de presse alerta sur leur dégradation, mais les autorités jugèrent leur forme obsolète (la dalle supérieure devenant inutile avec l’arrivée des carrioles). En 1910, leur restauration fut abandonnée, et beaucoup disparurent. Ce n’est qu’à partir des années 1980 que certains, comme celui de Kutzenhausen, furent protégés au titre des monuments historiques (inscrit le 20 octobre 1982).

Le banc-reposoir de Kutzenhausen illustre ainsi une page de l’histoire sociale alsacienne, liée aux pratiques agricoles et aux politiques commémoratives napoléoniennes. Son architecture fonctionnelle — dalle, banc et bornes — reflète les besoins concrets des populations rurales du XIXe siècle, tout en portant la trace des bouleversements politiques et territoriaux de la région. Aujourd’hui, il témoigne d’un patrimoine vernaculaire rare, préservé malgré les vicissitudes de l’histoire.

Liens externes

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