Frise chronologique
1811-1812
Construction des premiers bancs-reposoirs
Construction des premiers bancs-reposoirs
1811-1812 (≈ 1812)
Initiative du préfet Lezay-Marnésia pour le Roi de Rome.
1853
Seconde vague de constructions
Seconde vague de constructions
1853 (≈ 1853)
Projet du préfet West pour Napoléon III.
1910
Abandon des bancs-reposoirs
Abandon des bancs-reposoirs
1910 (≈ 1910)
Forme jugée obsolète par l'administration.
10 août 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
10 août 1988 (≈ 1988)
Protection officielle du banc de La Petite-Pierre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Banc-reposoir : inscription par arrêté du 10 août 1988
Personnages clés
| Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin |
Initiateur des bancs en 1811-1812. |
| Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin |
Relance les constructions en 1853. |
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Père du Roi de Rome, inspiré des bancs. |
| Impératrice Eugénie de Montijo - Épouse de Napoléon III |
Inspiratrice des bancs de 1853. |
Origine et histoire
Le banc-reposoir de La Petite-Pierre est un exemple emblématique des bancs-reposoirs alsaciens, construits au début du XIXe siècle. Ces structures en pierre, souvent accompagnées de tilleuls, servaient de haltes aux paysans et paysannes se rendant aux marchés ou foires. Les femmes y déposaient leurs paniers lourds sur le linteau supérieur, tandis que les hommes pouvaient y suspendre leurs hottes. Ces bancs étaient aussi des symboles commémoratifs, liés à des événements politiques comme la naissance du fils de Napoléon Ier, le Roi de Rome, en 1811.
Les bancs-reposoirs alsaciens furent érigés en deux vagues principales. La première, en 1811-1812, fut initiée par Adrien de Lezay-Marnésia, préfet du Bas-Rhin, pour célébrer la naissance de l'Aiglon. Les communes financèrent ces constructions, bien que certaines résistèrent en invoquant des contraintes géographiques. Une seconde vague eut lieu en 1853, sous l'impulsion du préfet Auguste-César West, pour marquer l'anniversaire du mariage de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie. Cette fois, le département prit en charge les coûts, facilitant leur adoption malgré les réticences locales.
Ces monuments, souvent en grès des Vosges, furent progressivement abandonnés à partir du début du XXe siècle. En 1906, leur entretien fut négligé, et en 1910, leur forme fut jugée obsolète en raison de l'évolution des pratiques agricoles, comme l'usage de carrioles. Malgré cela, certains bancs, comme celui de La Petite-Pierre, furent préservés et protégés au titre des monuments historiques dans les années 1980, témoignant d'un patrimoine rural et commémoratif unique.
Le banc-reposoir de La Petite-Pierre, inscrit en 1988, illustre cette histoire. Il se situe le long de la route départementale 9, près de Zittersheim, et reste un vestige tangible des initiatives napoléoniennes en Alsace. Ces bancs, bien que peu nombreux aujourd'hui, rappellent une époque où ils rythmaient les déplacements des populations rurales, mêlant utilité publique et symbolisme politique.
Les bancs-reposoirs étaient aussi des lieux de sociabilité, où les paysans échangeaient des nouvelles ou se reposaient à l'ombre des tilleuls. Leur déclin reflète les transformations économiques et sociales de l'Alsace, notamment l'industrialisation et la mécanisation agricole. Leur préservation actuelle permet de comprendre l'importance de ces monuments dans la vie quotidienne et la mémoire collective alsacienne.