Bancs du Roi de Rome 1811-1812 (≈ 1812)
Construction de 125 bancs-reposoirs à l'initiative du préfet Adrien de Lezay-Marnésia.
1854
Bancs de l'Impératrice Eugénie
Bancs de l'Impératrice Eugénie 1854 (≈ 1854)
Érection de 448 bancs-reposoirs sous l'impulsion du préfet Auguste-César West.
1910
Fin des restaurations
Fin des restaurations 1910 (≈ 1910)
Décision de ne plus restaurer les bancs-reposoirs jugés inadaptés.
Années 1980
Protection des bancs
Protection des bancs Années 1980 (≈ 1980)
Plusieurs bancs-reposoirs inscrits à l'inventaire des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Banc-reposoir napoléonien (cad. 41 44) : inscription par arrêté du 9 mai 1988
Personnages clés
Adrien de Lezay-Marnésia
Préfet du Bas-Rhin à l'initiative des bancs du Roi de Rome.
Auguste-César West
Préfet ayant promu les bancs de l'Impératrice Eugénie.
Impératrice Eugénie
Inspiratrice des bancs-reposoirs de 1854.
Origine et histoire du Banc-reposoir
Ce banc a été commandité par le préfet. Un banc-reposoir d'Alsace est un type de banc public construit en Alsace au XIXe siècle. Les jours de marché ou de foire, paysans et surtout paysannes venaient en ville lourdement chargés : les femmes portaient un panier sur la tête, protégé par un coussinet appelé der Wisch rempli de son et de balle de blé, tandis que les hommes transportaient leurs produits dans une hotte portée au dos par des lanières de cuir. Lors des haltes, les charges pouvaient être posées sur le linteau et les paysannes s'asseyaient sur la dalle inférieure, généralement à l'ombre de quatre tilleuls ; de part et d'autre du banc étaient disposées deux bornes permettant d'y déposer les hottes ou aux cavaliers de se remettre en selle. On distingue en Alsace deux grandes séries de bancs-reposoirs : ceux dits du Roi de Rome, datés de 1811 et appelés aussi bancs Marie-Louise, et ceux de l'Impératrice Eugénie, datés de 1854. Les bancs du Roi de Rome furent érigés en 1811-1812 à l'initiative du préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia pour commémorer la naissance de l'Aiglon ; dans une lettre aux municipalités du 22 avril 1811 il recommandait d'établir des reposoirs en pierre espacés d'une demi-lieue, chacun assorti d'un banc et planté de quatre à cinq arbres, en faisant supporter les frais aux communes. Quelques municipalités s'y opposèrent en raison du terrain vallonné ; 125 bancs furent cependant construits en 1811 et probablement davantage les années suivantes, mais peu ont survécu. Les bancs dédiés à l'Impératrice Eugénie résultent de l'initiative du préfet Auguste-César West et d'un vœu de l'Impératrice formulé en 1853 lors du premier anniversaire de son mariage avec Napoléon III ; en 1854 le département prit en charge l'achat et la taille des pierres et fit ériger 448 monuments commémoratifs en grès des Vosges le long des chemins et routes d'Alsace. Ces bancs ont souvent été mutilés par les intempéries et par l'action humaine, mais certains subsistent encore dans les campagnes. Des bancs antérieurs au XVIIIe siècle existaient déjà pour des besoins locaux, comme le repos du vendangeur ou l'agrément du promeneur ; au moins un exemplaire de ce type subsiste à la sortie de Molsheim sur la RD 422, et il est possible que celui de Ribeauvillé soit antérieur aux bancs du Roi de Rome. Par la suite apparurent d'autres variantes : des bancs-sièges en grès datés des années 1875-1880 autour d'Erstein et d'Obernai, des bancs commémoratifs liés à des constructions de voies, et des bancs supplétifs plus simples utilisant le bois. Pendant l'annexion allemande après 1870, une campagne de presse conduisit en 1906 à des prescriptions d'entretien qui restèrent sans effet ; le 27 juillet 1910 l'administrateur de Basse-Alsace estima que la forme de ces bancs ne répondait plus aux besoins contemporains, jugeant notamment la dalle supérieure inutile et le siège en pierre trop bas, et indiqua qu'il n'était plus nécessaire de restaurer les bancs endommagés. À partir des années 1980, plusieurs bancs-reposoirs d'Alsace ont été inscrits à l'inventaire des monuments historiques et bénéficient d'un arrêté de protection. Une typologie courante distingue sept types, depuis le banc curviligne avec dossier jusqu'à diverses configurations à une ou deux dalles siégeant sur montants ou linteaux, utilisée pour inventorier les exemplaires conservés.