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Banc-reposoir de Wolfskirchen dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine rural Banc-reposoirs

Banc-reposoir de Wolfskirchen

  • RD 55
  • 67260 Wolfskirchen
Crédit photo : Hochstrasser Tanya - Sous licence Creative Commons
Propriété du département
67260 Wolfskirchen, RD 55

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1811-1812
Construction des premiers bancs-reposoirs
1853-1854
Seconde vague de constructions
27 juillet 1910
Déclassement par les autorités allemandes
9 mai 1988
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. B 558) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811-1812) Initiateur des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (vers 1853) Relance la construction des bancs.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspiratrice de la seconde vague.

Origine et histoire du Banc-reposoir

Le banc-reposoir de Wolfskirchen est un exemple emblématique des Nabele Bänk (« bancs de Napoléon »), construits en Alsace au XIXe siècle. Ces bancs publics en pierre, souvent accompagnés de tilleuls, servaient de haltes aux paysans et paysannes transportant leurs produits vers les marchés. Les femmes y déposaient leurs paniers lourds sur le linteau supérieur, tandis que les hommes accrochaient leurs hottes aux bornes latérales. Ces monuments utilitaires symbolisaient aussi une initiative politique, liée à la commémoration de la naissance du Roi de Rome en 1811.

Les premiers bancs-reposoirs alsaciens furent érigés entre 1811 et 1812 sous l’impulsion d’Adrien de Lezay-Marnésia, préfet du Bas-Rhin, pour célébrer l’héritier de Napoléon Ier. Une centaine furent construits cette année-là, financés par les communes, bien que certaines résistèrent en invoquant un terrain inadapté. Une seconde vague de constructions eut lieu en 1853-1854, sous l’égide du préfet Auguste-César West, reprenant un vœu de l’impératrice Eugénie. Cette fois, 448 bancs en grès des Vosges furent édifiés aux frais du département, dans un contexte de relance économique après la crise alimentaire des années 1846-1848.

Le banc de Wolfskirchen, comme beaucoup d’autres, survécut aux vicissitudes du temps, malgré les négligences pendant l’annexion allemande (1870-1918). En 1906, une campagne de presse alarma sur leur dégradation, mais les mesures d’entretien prescrites ne furent pas appliquées. En 1910, les autorités allemandes jugèrent ces bancs obsolètes, leur forme ne correspondant plus aux usages ruraux modernes (comme l’usage de carrioles). Pourtant, plusieurs furent protégés comme monuments historiques dans les années 1980, dont celui de Wolfskirchen, inscrit par arrêté du 9 mai 1988.

Ces bancs-reposoirs incarnent un patrimoine à la fois pratique et symbolique. Ils témoignent des conditions de vie rurales au XIXe siècle, où les déplacements à pied et le transport de marchandises pesantes rythmaient le quotidien. Leur conception reflétait aussi une volonté politique de marquer le territoire, que ce soit sous l’Empire français ou lors de la restauration napoléonienne. Aujourd’hui, les rares exemplaires restants, comme celui de Wolfskirchen, rappellent cette histoire sociale et administrative.

Le banc de Wolfskirchen se distingue par sa localisation à la croisée des routes départementales 55 et 655, dans le Bas-Rhin. Propriété départementale, il est représentatif des modèles napoléoniens, avec sa dalle supérieure pour les fardeaux et son banc inférieur pour le repos. Son inscription aux monuments historiques en 1988 a permis sa préservation, malgré les dégradations subies au fil des décennies. Ces bancs, souvent associés à des tilleuls, formaient des points de sociabilité et de pause, aujourd’hui disparus pour la plupart.

Liens externes

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