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Banc-reposoir dit Banc du Roi de Rome à Erstein dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine rural Banc-reposoirs

Banc-reposoir dit Banc du Roi de Rome

  • RN 83
  • 67150 Erstein
Crédit photo : Viype - Sous licence Creative Commons
Propriété du département
67150 Erstein, RN 83

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Lettre du préfet aux municipalités
1811-1812
Construction des bancs-reposoirs
1853-1854
Nouvelle vague de bancs-reposoirs
20 octobre 1982
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir dit Banc du Roi de Rome (cad. 2 261) : inscription par arrêté du 20 octobre 1982

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin Commanditaire des bancs en 1811.
Napoléon Ier - Empereur des Français Père du Roi de Rome, inspiré des bancs.
Marie-Louise d'Autriche - Impératrice, épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome célébré.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction de bancs-reposoirs.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspire les bancs de 1853-1854.

Origine et histoire du Banc-reposoir

Le Banc-reposoir dit Banc du Roi de Rome, situé à Erstein, a été construit au 1er quart du XIXe siècle, plus précisément entre 1811 et 1812. Il fait partie d’une série de bancs publics alsaciens commandités par le préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia pour célébrer la naissance du Roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche. Ces bancs, appelés Nabele Bänk (« bancs de Napoléon »), étaient conçus pour offrir un lieu de repos aux paysans et paysannes transportant leurs produits vers les marchés locaux. Leur structure typique comprenait une dalle supérieure pour déposer les fardeaux et un banc inférieur, souvent entouré de tilleuls pour l’ombre.

Les bancs-reposoirs alsaciens répondaient à un besoin pratique : les paysannes, portant des paniers lourds sur la tête, et les paysans, transportant des hottes, pouvaient s’y arrêter. Le préfet Lezay-Marnésia avait ordonné leur installation tous les 2,5 km le long des routes, avec une inscription évoquant le Roi de Rome. Environ 125 bancs furent construits en 1811, mais peu ont survécu. Ce monument d’Erstein, inscrit aux Monuments Historiques en 1982, témoigne de cette initiative impériale et de son héritage dans le paysage alsacien.

Au fil du temps, ces bancs ont perdu leur utilité initiale, notamment après 1870, lorsque l’annexion allemande de l’Alsace a entraîné un déclin de leur entretien. En 1910, leur forme fut jugée obsolète en raison de l’évolution des modes de transport (comme les carrioles). Malgré cela, certains bancs, comme celui d’Erstein, ont été préservés pour leur valeur patrimoniale. Ils rappellent aujourd’hui une époque où ces monuments jouaient un rôle social et commémoratif, liant la vie rurale alsacienne à l’histoire napoléonienne.

Le banc d’Erstein, propriété du département du Bas-Rhin, est l’un des rares exemples encore visibles de cette série de monuments. Sa protection en 1982 a permis de conserver ce témoignage architectural et historique, symbolisant à la fois l’ingéniosité des autorités locales de l’époque et les traditions paysannes alsaciennes. Ces bancs-reposoirs, bien que souvent oubliés, restent des marqueurs culturels de l’Alsace du XIXe siècle, entre mémoire impériale et vie quotidienne.

Liens externes

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