Initiative de l'Impératrice Eugénie 1853 (≈ 1853)
Relance des bancs-reposoirs par West
1854
Construction de 448 bancs
Construction de 448 bancs 1854 (≈ 1854)
Programme départemental en Alsace
1910
Abandon de l'entretien
Abandon de l'entretien 1910 (≈ 1910)
Décision administrative allemande
20 octobre 1982
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 20 octobre 1982 (≈ 1982)
Protection officielle du banc
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Banc-reposoir dit de L'Impératrice (cad. 21 7) : inscription par arrêté du 20 octobre 1982
Personnages clés
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin
Relança les bancs en 1853
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III
Inspira la construction des bancs
Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811)
Initiateur des premiers bancs-reposoirs
Origine et histoire
Le banc-reposoir dit de L'Impératrice, situé à Wœrth, date du 3e quart du XIXe siècle. Ce type de monument alsacien, souvent en grès, servait de halte aux paysans et paysannes transportant leurs produits vers les marchés. Les femmes y déposaient leurs paniers sur le linteau, tandis que les hommes y plaçaient leurs hottes. Ces bancs étaient généralement entourés de tilleuls pour offrir de l'ombre.
En 1853, le préfet du Bas-Rhin Auguste-César West relança leur construction pour honorer l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Contrairement aux bancs de 1811 (créés pour le Roi de Rome), les frais furent pris en charge par le département, facilitant leur adoption malgré les réticences locales. 448 exemplaires furent érigés en 1854, mais beaucoup disparurent par négligence ou vandalisme.
Ce banc spécifique, inscrit aux Monuments Historiques en 1982, illustre cette initiative préfectorale. Son style commémoratif et utilitaire reflète les besoins ruraux de l'époque, tout en marquant l'emprise symbolique du Second Empire en Alsace. Après 1870, sous administration allemande, ces bancs furent jugés obsolètes en 1910, leur entretien étant abandonné.
Les bancs-reposoirs alsaciens, souvent associés à des arbres, symbolisaient aussi une modernisation des infrastructures rurales. Leur déclin au XXe siècle coïncide avec l'évolution des transports (charrettes remplaçant le portage) et des pratiques agricoles. Aujourd'hui, ceux encore debout, comme celui de Wœrth, témoignent de ce patrimoine vernaculaire et politique.
La protection de ce banc en 1982 s'inscrit dans une redécouverte tardive de ces monuments, autrefois perçus comme désuets. Sa localisation sur la CD 27, près de la Route de Lembach, en fait un vestige accessible du passé impérial et rural alsacien. Les matériaux (grès des Vosges) et la forme standardisée rappellent leur fonction sociale et commémorative.