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Banc-reposoir napoléonien à Bouxwiller dans le Bas-Rhin

Banc-reposoir napoléonien

  • 2 Ferme Oberholz
  • 67330 Bouxwiller
Banc-reposoir napoléonien
Banc-reposoir napoléonien
Crédit photo : FHd - Sous licence Creative Commons
Propriété du département
5151 Oberholz 67330 Bouxwiller

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Circulaire préfectorale
1811-1812
Première vague de construction
1853-1854
Seconde vague de construction
1856
Date du banc de Bouxwiller
1906 et 1910
Tentatives d'entretien sous annexion allemande
9 mai 1988
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. G 157) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811) Initiateur des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction des bancs.
Marie-Louise d'Autriche - Épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome célébré.
Napoléon III - Empereur des Français Régime sous lequel la seconde vague fut construite.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspiratrice des bancs de 1853.

Origine et histoire

Le banc-reposoir napoléonien de Bouxwiller est un monument typique d’Alsace, construit au XIXe siècle pour offrir un lieu de repos aux paysans et paysannes se rendant aux marchés. Ces bancs, souvent accompagnés de tilleuls, permettaient de déposer les fardeaux (paniers ou hottes) et de se reposer lors des trajets. Leur conception répondait à un besoin pratique tout en servant de symbole commémoratif, lié à des initiatives préfectorales sous l’Empire et le Second Empire.

Ces bancs ont été érigés en deux vagues principales : la première entre 1811 et 1812, à l’initiative du préfet Adrien de Lezay-Marnésia, pour célébrer la naissance du Roi de Rome, fils de Napoléon Ier. Une circulaire de 1811 enjoignait les communes à installer ces reposoirs tous les 2,5 km, avec des arbres pour l’ombre. Les frais étaient à la charge des municipalités, bien que certaines aient résisté en invoquant des contraintes géographiques. Environ 125 bancs furent construits lors de cette première phase, mais peu ont survécu.

Une seconde vague eut lieu en 1853-1854, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West, reprenant une idée similaire pour commémorer le mariage de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie. Cette fois, 448 bancs en grès des Vosges furent érigés, financés par le département. Ces monuments, souvent endommagés par le temps ou négligés après 1870, furent partiellement restaurés dans les années 1980. Celui de Bouxwiller, daté de 1856, a été refait au XXe siècle mais conserve sa vocation originelle.

Le banc-reposoir de Bouxwiller, inscrit aux monuments historiques en 1988, illustre cette double histoire : utilitaire pour les populations rurales alsaciennes, et politique, liée aux régimes napoléoniens. Son inscription tardive reflète une prise de conscience patrimoniale, après des décennies d’abandon ou de transformations mal adaptées aux nouveaux usages.

Sous l’annexion allemande (après 1870), des tentatives d’entretien furent lancées en 1906 et 1910, mais jugées inutiles en raison de l’obsolescence du portage manuel, remplacé par des carrioles. Les bancs, trop bas et inconfortables, cessèrent d’être entretenus. Aujourd’hui, ils témoignent d’un patrimoine rural et mémoriel unique, lié à l’histoire sociale et politique de l’Alsace.

Liens externes

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