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Banc-reposoir napoléonien

Banc-reposoir napoléonien

    D632
    67270 Geiswiller-Zœbersdorf
Propriété du département
Crédit photo : FHd - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1811-1812
Première campagne de construction
1853-1854
Seconde campagne sous Napoléon III
1870
Annexion allemande de l'Alsace
1906 et 1910
Abandon progressif des bancs
1988
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. IV 115) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811-1812) Initiateur des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction des bancs.
Impératrice Eugénie de Montijo - Épouse de Napoléon III À l'origine du vœu pour les bancs.

Origine et histoire

Le banc-reposoir napoléonien de Geiswiller-Zœbersdorf est un monument typique d’Alsace, érigé pour offrir un lieu de repos aux paysans et paysannes se rendant aux marchés ou foires. Ces bancs, souvent accompagnés de tilleuls, permettaient de déposer les fardeaux lourds (paniers sur la tête ou hottes dans le dos) et de se reposer lors des trajets. Leur conception répondait à un besoin pratique dans une région où l’agriculture et le commerce local étaient centraux.

Ces bancs-reposoirs ont été construits en deux vagues principales. La première, en 1811-1812, fut initiée par le préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia pour célébrer la naissance du fils de Napoléon Ier, le Roi de Rome. Les communes furent invitées à ériger ces monuments tous les 2,5 km le long des routes, avec des arbres plantés pour offrir de l’ombre. Les frais étaient à leur charge, et 125 bancs furent construits cette année-là, bien que peu aient survécu.

Une seconde campagne eut lieu en 1853, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West, reprenant l’idée de Lezay-Marnésia pour répondre à un vœu de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Cette fois, 448 bancs en grès des Vosges furent érigés en 1854, avec un financement départemental. Ces monuments, souvent endommagés par le temps ou négligés, furent partiellement abandonnés après 1870, lorsque l’Alsace fut annexée par l’Allemagne. En 1906 et 1910, leur utilité fut remise en question en raison de l’évolution des modes de transport (charrettes remplaçant le portage manuel).

Le banc de Geiswiller-Zœbersdorf, inscrit aux monuments historiques en 1988, fait partie des rares survivants de cette tradition. Ces bancs, symboles d’une époque où le travail agricole était ardu, ont été partiellement préservés grâce à des mesures de protection dans les années 1980. Leur conception reflète une attention portée au bien-être des populations rurales, tout en servant de marqueurs commémoratifs liés à l’histoire napoléonienne.

Aujourd’hui, ces bancs-reposoirs sont des témoignages du patrimoine rural alsacien. Leur présence rappelle l’organisation sociale et économique des XIXe et XXe siècles, où les marchés locaux jouaient un rôle clé dans la vie communautaire. Leur protection actuelle permet de conserver la mémoire de ces pratiques disparues et de l’ingéniosité des aménagements publics de l’époque.

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