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Banc-reposoir napoléonien dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Banc-reposoir napoléonien

    2 D229
    67440 Sommerau

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Circulaire préfectorale
1811-1812
Première campagne de construction
1853-1854
Seconde campagne de construction
1870
Annexion allemande
1906
Abandon de l'entretien
9 mai 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. 2 177) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin Initiateur des premiers bancs-reposoirs en 1811.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin Relance la construction en 1853-1854.
Marie-Louise d'Autriche - Épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome, inspiratrice indirecte.
Napoléon III - Empereur des Français Règne lors de la seconde campagne (1853).
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III À l'origine du vœu de 1853.

Origine et histoire

Le banc-reposoir napoléonien de Sommerau est un monument typique d’Alsace, construit au XIXe siècle pour offrir un lieu de repos aux paysans et paysannes se rendant aux marchés ou foires. Ces bancs, souvent accompagnés de tilleuls et de bornes latérales, permettaient de déposer les fardeaux (paniers portés sur la tête ou hottes dorsales) et de se reposer à l’ombre. Leur conception reflétait les usages ruraux de l’époque, où les déplacements à pied, chargés de produits agricoles, étaient courants.

Ces bancs ont été érigés en deux vagues principales. La première, en 1811-1812, fut initiée par le préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia pour célébrer la naissance du fils de Napoléon Ier, le « Roi de Rome ». Une circulaire du 22 avril 1811 enjoignait aux communes d’installer ces reposoirs tous les 2,5 km, avec un banc et des arbres, afin que les voyageurs puissent dire : « Nous le devons au Roi de Rome ». Les frais étaient à la charge des municipalités, et 125 bancs furent construits cette année-là, bien que peu aient survécu.

Une seconde campagne eut lieu en 1853-1854, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West et de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Cette fois, 448 bancs en grès des Vosges furent financés par le département, dans un contexte de relance économique après la crise alimentaire de 1846-1848. Ces monuments, souvent mutilés ou négligés (notamment après 1870 sous l’annexion allemande), furent partiellement protégés comme monuments historiques dans les années 1980.

Le banc de Sommerau, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1988, illustre cette histoire. Situé le long de la route départementale 229, il témoigne des politiques sociales et commémoratives des régimes napoléoniens, ainsi que des pratiques agricoles alsaciennes du XIXe siècle. Son état actuel et sa localisation exacte (code Insee 67004, Bas-Rhin) en font un vestige rare de ce patrimoine utilitaire et symbolique.

Après 1906, les autorités allemandes jugèrent ces bancs obsolètes, leur forme ne correspondant plus aux besoins (disparition du portage à tête, remplacement par des carrioles). En 1910, leur entretien fut abandonné, accélérant leur déclin. Aujourd’hui, les bancs-reposoirs encore debout, comme celui de Sommerau, sont des témoins fragiles d’une époque où l’administration impériale mariait utilité publique et propagande.

Liens externes