Frise chronologique
IVe ou Ve siècle
Construction du baptistère
Construction du baptistère
IVe ou Ve siècle (≈ 550)
Édifice paléochrétien hexagonal près d’un *fanum*.
VIIe siècle
Transformation en cimetière
Transformation en cimetière
VIIe siècle (≈ 750)
Sarcophages et chapelle Saint-Michel construits.
1956
Découverte des vestiges
Découverte des vestiges
1956 (≈ 1956)
Fouilles initiées par Michel de Boüard.
1er juillet 1958
Classement monument historique
Classement monument historique
1er juillet 1958 (≈ 1958)
Protection officielle du site et du terrain.
1999
Fouilles du *fanum*
Fouilles du *fanum*
1999 (≈ 1999)
Découverte des fondations par François Caligny Delahaye.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Baptistère (vestiges) et parcelles de terrain (cad. K 585) : classement par arrêté du 1er juillet 1958
Personnages clés
| Michel de Boüard - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1956 à 1978. |
| Christian Pilet - Archéologue |
Collabora aux fouilles avec de Boüard. |
| François Caligny Delahaye - Archéologue |
Supervisa les fouilles de 1999. |
| François Fichet de Clairfontaine - Historien |
Propose l’hypothèse épiscopale (Coutances). |
| Julien Deshayes - Historien |
Avance la théorie d’un baptistère monastique. |
Origine et histoire
Le baptistère de Portbail, daté du IVe ou Ve siècle, est un rare exemple d’architecture paléochrétienne en Normandie. Ses vestiges, découverts en 1956 lors de travaux scolaires, furent fouillés par Michel de Boüard et Christian Pilet entre 1956 et 1978. Une étude supplémentaire en 1998 précéda la restructuration de son bâtiment protecteur, érigé en 1977 par les Beaux-Arts. Le site, initialement proche d’un fanum (sanctuaire gallo-romain) encore debout à l’époque, fut transformé en cimetière au VIIe siècle, abritant sarcophages et une chapelle Saint-Michel, détruite après 1697.
La piscine baptismale hexagonale, profonde de 60 cm et recouverte de dalles de schiste bleu local, était alimentée par un réseau hydraulique depuis le sud-est. L’édifice, unique en son genre au nord de la Loire pour cette période, soulève des questions sur sa fonction : résidence épiscopale de Coutances (hypothèse de François Fichet de Clairfontaine) ou baptistère monastique lié à une abbaye pré-scandinave (thèse de Julien Deshayes). La mention d’une abbatia dans un acte ducal de 1026 appuie cette dernière hypothèse, bien que les preuves archéologiques manquent.
Classé monument historique en 1958, le site fut partiellement recouvert par une poudrière après sa désaffectation cultuelle. Les fouilles ont révélé des inhumations en sarcophages et des traces des canalisations d’eau, tandis que le cimetière atteste d’une occupation continue jusqu’à sa fermeture en 1910. Deux autres baptistères hors cités épiscopales, découverts à Meysse et Roanne, offrent des parallèles pour comprendre ce monument exceptionnel.
L’hypothèse d’un lien avec l’évêque de Coutances repose sur l’absence de siège épiscopal local, tandis que la théorie monastique s’appuie sur des donations ducales du XIe siècle. Les fouilles de 1999, dirigées par François Caligny Delahaye, ont confirmé la proximité du fanum et l’adaptation du réseau hydraulique pour contourner ses murs. Aujourd’hui, les vestiges — murs bas, piscine et canalisations — sont protégés par une structure moderne, témoignant de l’importance historique du site.