Crédit photo : Séraphin-Médéric Mieusement (1840–1905) Autres nom - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
Ve siècle
Fondation du groupe cathédral
Fondation du groupe cathédral
Ve siècle (≈ 550)
Construction par les premiers évêques, réemploi des thermes romains.
572
Saccage par les Lombards et Saxons
Saccage par les Lombards et Saxons
572 (≈ 572)
Destruction partielle du groupe cathédral.
XIe siècle
Reconstruction par l'évêque Augier
Reconstruction par l'évêque Augier
XIe siècle (≈ 1150)
Restauration des voûtes et réparation du baptistère.
1559
Transformation en chapelle
Transformation en chapelle
1559 (≈ 1559)
Dédiée à saint Clair et saint Jean-Baptiste.
1818
Première restauration moderne
Première restauration moderne
1818 (≈ 1818)
Modification des parties hautes et suppression du portique.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi la première liste des monuments protégés en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Baptistère dit le Panthéon (chapelle circulaire) (cad. D) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Maxime de Riez (saint Maxime) - Évêque de Riez (433-460) |
Premier évêque attesté, bâtisseur d’églises dont saint-Pierre. |
| Fauste - Évêque de Riez (461-485) |
Auteur d’un texte décrivant les constructions de Maxime. |
| Augier - Évêque de Riez (1096-1130) |
Reconstruit les voûtes du baptistère au XIe siècle. |
| Marc Lascaris de Tende - Évêque de Riez (fin XVe siècle) |
Transfère la cathédrale, réduit le baptistère en chapelle. |
| Guy Barruol - Archéologue (XXe siècle) |
Dirige les fouilles des années 1960, révèle le plan octogonal. |
Origine et histoire
Le baptistère de Riez est un édifice paléochrétien situé dans les Alpes-de-Haute-Provence, construit entre le Ve et le VIIe siècle. Il fait partie d’un groupe cathédral érigé à l’emplacement d’anciens thermes romains, réutilisant leurs pierres. Ce groupe comprenait aussi l’église Notre-Dame de la Sed, reliée au baptistère par une galerie. Les fouilles archéologiques menées depuis 1966 ont révélé les vestiges d’une église paléochrétienne détruite à la fin du XVe siècle, confirmant l’importance historique du site.
La fondation du groupe cathédral est liée à l’organisation de l’Église catholique au Ve siècle, calquée sur celle de l’Empire romain. Chaque civitas devenant un évêché, Riez, ancienne cité romaine nommée Julia Augusta Reiorum Apollinaris, accueille son premier évêque attesté, Maxime de Riez (433-460), connu pour ses constructions religieuses. Son successeur, Fauste (461-485), décrit ces réalisations, dont une église dédiée à saint Pierre. Le baptistère, probablement entouré d’un portique à l’origine, aurait été édifié durant cette période d’expansion chrétienne.
Le monument subit plusieurs destructions et reconstructions. Saccagé par les Lombards et les Saxons en 572, puis abandonné face aux incursions sarrasines (793-875), il est partiellement restauré au XIe siècle par l’évêque Augier (1096-1130), qui reconstruit ses voûtes. Au XVe siècle, l’évêque Marc Lascaris de Tende transfère la cathédrale dans le bourg, réduisant le baptistère à une chapelle dédiée à saint Clair et saint Jean-Baptiste en 1559. Les guerres, comme celle de Raimond de Turenne (1389-1399), accélèrent son déclin.
Classé monument historique dès 1840, le baptistère connaît plusieurs campagnes de restauration : en 1818 (démolition partielle des parties hautes), en 1906, et en 2014-2015. Les fouilles des années 1960, dirigées par Guy Barruol, révèlent son plan octogonal intérieur, inspiré des baptistères syriens et de Fréjus, avec une coupole reposant sur huit colonnes antiques de granit. Aujourd’hui, il abrite un musée lapidaire fondé en 1929 et reste un témoignage majeur de l’architecture paléochrétienne en Provence.
L’architecture du baptistère combine des éléments romains (réemploi de pierres) et paléochrétiens (plan octogonal, absidioles). Sa coupole, refaite au XIIe siècle, s’appuie sur des chapiteaux corinthiens de marbre. À l’extérieur, l’édifice carré de 9 mètres de côté, en moellons, présente un soubassement marqué et un clocher-mur ajouté postérieurement. Les modifications successives, comme la suppression du portique ou la réduction de la coupole, reflètent son évolution fonctionnelle et symbolique, du lieu de baptême à la chapelle secondaire.