Origine et histoire de la Basilique de Fourvière
La basilique Notre-Dame de Fourvière, située à Lyon, est érigée à la fin du XIXe siècle sur l’emplacement de l’ancien forum vetus romain, où un culte marial s’est développé dès le Moyen Âge. Au XVIIe siècle, les échevins de Lyon font vœu à la Vierge pour épargner la ville de la peste, instaurant un pèlerinage annuel. Ce lieu de dévotion, marqué par une chapelle médiévale dédiée à saint Thomas puis à Marie, devient un symbole religieux central pour les Lyonnais.
En 1870, après la protection attribuée à la Vierge lors de la guerre franco-allemande, le projet d’une basilique monumentale est lancé sous l’impulsion du cardinal de Bonald. Conçue par l’architecte Pierre Bossan, inspiré par l’art sicilien et oriental, la construction débute en 1872. Bossan, contraint par la maladie, délègue une grande partie des travaux à Louis Sainte-Marie Perrin. Le style néo-byzantin de l’édifice, avec ses quatre tours symbolisant les vertus cardinales, suscite autant d’admiration que de critiques.
La basilique est inaugurée en 1896, bien que certains éléments décoratifs restent inachevés. Propriété privée grâce à la Commission de Fourvière, elle échappe à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Classée monument historique en 2014 et intégrée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998, elle incarne aujourd’hui un héritage à la fois religieux, architectural et culturel pour Lyon.
L’intérieur, riche en mosaïques et vitraux, raconte l’histoire mariale et les hérésies, tandis que l’extérieur impressionne par sa blancheur et ses tours imposantes. La statue dorée de la Vierge, érigée en 1852, et la fête des Lumières, née d’un report de cérémonie dû aux intempéries, renforcent son ancrage dans la tradition lyonnaise. Malgré des polémiques, comme la représentation de Luther parmi les hérésies, la basilique reste un lieu de pèlerinage et de tourisme majeur.
Les restaurations, notamment celles des années 2000, ont permis de préserver ses mosaïques, sa charpente et ses statues, dont celle de saint Michel, endommagée par un coup de feu. Financées par des subventions publiques et des dons, ces interventions soulignent l’attachement des Lyonnais à ce monument emblématique, symbole de leur identité et de leur histoire.