Frise chronologique
973–976
Fondation du monastère
Fondation du monastère
973–976 (≈ 975)
Construction initiale par Lambert de Chalon et Mayeul de Cluny.
977
Consécration première
Consécration première
977 (≈ 977)
Dédiée au Saint-Sauveur, Vierge Marie, saint Jean-Baptiste.
1090
Rattachement à Cluny
Rattachement à Cluny
1090 (≈ 1090)
Union avec l’abbaye sous Hugues Ier et saint Odillon.
Fin XIe – XIIe siècle
Construction actuelle
Construction actuelle
Fin XIe – XIIe siècle (≈ 1295)
Édifice roman inspiré de Cluny III.
1791–1802
Abandon révolutionnaire
Abandon révolutionnaire
1791–1802 (≈ 1797)
Culte supprimé, clocher partiellement détruit.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Première protection officielle.
1850–1875
Restauration par Eugène Millet
Restauration par Eugène Millet
1850–1875 (≈ 1863)
Reconstruction du clocher et du porche.
1875
Élévation en basilique
Élévation en basilique
1875 (≈ 1875)
Changement de vocable pour le Sacré-Cœur par Pie IX.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Lambert de Chalon - Comte et fondateur |
Initiateur du monastère en 973. |
| Mayeul de Cluny - Abbé de Cluny |
Collaborateur pour le choix du site. |
| Hugues Ier - Évêque d’Auxerre |
Rattache Paray à Cluny en 1090. |
| Saint Odillon - Abbé de Cluny |
Supervise l’union à Cluny. |
| Marguerite-Marie Alacoque - Religieuse et mystique |
Visions du Sacré-Cœur (XVIIe siècle). |
| Eugène Millet - Architecte-restaurateur |
Dirige les travaux au XIXe siècle. |
| Pie IX - Pape |
Élève l’église en basilique (1875). |
Origine et histoire
La basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial, initialement dédiée au Saint-Sauveur, à la Vierge Marie et à saint Jean-Baptiste lors de sa consécration en 977, fut fondée par le comte Lambert de Chalon en collaboration avec Mayeul, abbé de Cluny. Construite en trois ans (973–976) sur un site choisi pour abriter un monastère bénédictin, elle devint rapidement un prieuré clunisien sous l’impulsion d’Hugues Ier, fils de Lambert, qui l’unit à Cluny en 1090 sous l’abbatiat de saint Odillon. L’église actuelle, édifiée entre la fin du XIe et le XIIe siècle, remplace deux édifices antérieurs détruits, s’inspirant directement du plan de Cluny III tout en simplifiant sa structure (trois nefs au lieu de cinq, transept unique).
Au XIIe siècle, d’importants remaniements transforment la nef, le transept et le chœur (vers 1140), tandis que le clocher est achevé au XIVe siècle. L’église subit des dégradations durant les guerres de Cent Ans, les conflits bourguignons, et les guerres de Religion, nécessitant des renforcements comme la condamnation du porche. La Révolution française marque un tournant dramatique : les bénédictins quittent le prieuré en 1791, le culte est aboli en 1793, et le clocher, partiellement démoli en 1794, laisse la basilique à ciel ouvert pendant 16 ans. Louée comme entrepôt, elle n’est restaurée qu’à partir de 1802, avec une toiture provisoire en 1810.
La restauration majeure intervient sous la direction de l’architecte Eugène Millet (élève de Viollet-le-Duc), désigné en 1850. Il reconstruit le clocher, rétablit le porche d’origine, et supprime les ajouts postérieurs comme le grenier des moines. Classée monument historique dès 1846, la basilique devient un lieu de pèlerinage majeur après les visions de Marguerite-Marie Alacoque (XVIIe siècle), consacrées par le pape Pie IX qui l’élève au rang de basilique mineure en 1875 et change son vocable pour le Sacré-Cœur. Aujourd’hui, elle attire 450 000 visiteurs annuels, alliant patrimoine roman et spiritualité.
L’architecture de Paray-le-Monial se distingue par son dépouillement extérieur (murs nus, baies étroites) et son intérieur harmonieux, marqué par des arcades en chiasme, des chapiteaux historiés, et une élévation à trois niveaux inspirée de Cluny. Le cloître adjacent, reconstruit au XVIIIe siècle, abrite un musée de faïences et un portail roman sculpté. À proximité, la chapelle des Apparitions conserve les reliques de sainte Marguerite-Marie, tandis que le diorama et l’espace Saint-Jean accueillent les pèlerins. Les trois cloches du clocher rythment toujours la vie liturgique locale.
Les guerres et révolutions ont profondément marqué l’histoire du monument : pillages, incendies (clocher détruit), et abandon ont alterné avec des périodes de restauration, comme celle menée par le curé Dargaud (1908–1938), qui révèla les peintures médiévales de la voûte du chœur. L’orgue, installé au XIXe siècle puis remplacé après 1945, fut démonté lors des restaurations intérieures (1999–2007). Aujourd’hui, la basilique incarne à la fois un chef-d’œuvre de l’art roman bourguignon et un symbole de la dévotion au Sacré-Cœur, héritage des visions mystiques du XVIIe siècle.