Origine et histoire de la Basilique du Bois-Chenu
La basilique Sainte-Jeanne-d'Arc du Bois-Chenu, située à Domrémy-la-Pucelle dans les Vosges, fut érigée entre 1881 et 1926 sur le coteau où Jeanne d'Arc, alors bergère, aurait entendu ses voix. Initialement dédiée à saint Michel avant la béatification de Jeanne en 1909, sa construction fut dirigée par l'architecte Paul Sédille jusqu'à sa mort en 1900, puis reprise par Georges Demay et ses fils Émile et René. L'édifice, de style néoroman, mêle granit rose des Vosges et pierre blanche d'Euville, avec des mosaïques et huit peintures de Lionel Royer illustrant la vie de la sainte.
La première pierre fut posée le 3 novembre 1881, et la première messe célébrée en 1896, bien que les travaux se poursuivissent. En 1897, quatre cloches furent installées, suivies d'une cinquième en 1926, année de la consécration à sainte Jeanne-d'Arc après sa canonisation en 1920. La basilique reçut son titre officiel en 1939 et fut classée monument historique en 2013. Son clocher, point géodésique, domine la vallée, tandis que sa crypte abrite une statue de Notre-Dame de Bermont, vénérée par Jeanne.
L'intérieur se distingue par ses gigantesques mosaïques, ses toiles d'Alphonse Monchablon commémorant la guerre de 1870, et un orgue construit entre 1942 et 1944 par Jacquot-Lavergne. Le parvis accueille des statues, dont celle de Jeanne offerte par le Québec en 1946. L'édifice, illuminé chaque soir, reste un lieu de pèlerinage majeur, lié à l'histoire johannique et à l'identité lorraine.
La basilique fut également un lieu de tournage en 2015 pour l'émission Secrets d'Histoire, dédiée à Jeanne d'Arc. Son architecture polychrome, ses vitraux et ses décors en font un exemple marquant de l'art religieux de la Troisième République, mêlant dévotion nationale et patrimoine local.
Classée aux monuments historiques depuis 2006 (inscription) puis 2013 (classement total), la basilique incarne à la fois un hommage à Jeanne d'Arc et un témoignage des techniques architecturales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Son dôme, son clocher-porche et ses galeries, comme celle du diocèse de Cambrai, soulignent son importance symbolique et touristique.