Origine et histoire
La basilique du Sacré-Cœur de Marseille, située avenue du Prado dans le 8e arrondissement, fut construite au XXe siècle pour remplacer l’église Saint-Adrien et Saint-Hermès, devenue trop exiguë. Son architecture romano-byzantine, conçue par Théodore Dupoux, rend hommage à la peste de 1720 et aux soldats marseillais morts pendant la Première Guerre mondiale. La première pierre fut posée en 1920, marquant le bicentenaire du vœu de l’évêque Belsunce, et les travaux durèrent 27 ans, achevés en 1947.
La basilique fut consacrée le 5 mai 1947 par le cardinal Roques, puis érigée en basilique mineure en 1997 par Jean-Paul II. Son intérieur, orné de vitraux des ateliers Champigneulle et d’une mosaïque d’Henri Pinta, célèbre l’histoire du Sacré-Cœur et les poilus de 1914-1918. Le projet initial, inachevé faute de fonds, lui confère un aspect plus moderniste que prévu, avec une nef inspirée de Notre-Dame-du-Rosaire.
Les matériaux proviennent de carrières régionales (Sanary-sur-Mer, Bonnieux) et de granits de Corse ou Suède. La basilique abrite une pietà de Louis Botinelly et le cœur d’Anne-Madeleine Rémusat, figure clé de la dévotion marseillaise au Sacré-Cœur. Son grand orgue, partiellement issu de Saint-Charles d’Alger, compte 43 jeux. Classée Monument Historique en 2024, elle reste un lieu de mémoire et de culte.
L’édifice commémore aussi le vœu des échevins de 1722, perpétuant la consécration de Marseille au Sacré-Cœur. Les vitraux retracent des épisodes clés, comme les apparitions à Paray-le-Monial ou la construction de la basilique de Montmartre. La crypte, occupant un quart de la surface, et les chapelles latérales soulignent son rôle à la fois religieux et mémoriel.
La construction fut marquée par la succession de quatre évêques (Fabre, Champavier, Dubourg, Delay) et l’implication de l’architecte Paul-Marie Dejean, inhumé dans une chapelle. Malgré des contraintes financières, la basilique devint un symbole de résilience, mêlant héritage historique (peste, guerre) et art sacré (mosaïques, orgue).