Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame d'Avesnières
La basilique Notre-Dame d'Avesnières, située à Laval dans le quartier d'Avesnières, trouve ses origines au moins au XIe siècle, bien qu'une église antérieure existait probablement dès le Xe siècle. L'édifice actuel doit son aspect roman à une reconstruction majeure menée par des bénédictines au XIIe siècle, après qu'Agnès de Laval, prieure, y ait établi un prieuré en 1073 sous l'impulsion de Richilde, abbesse du Ronceray d'Angers. Ce prieuré, tout en conservant sa vocation paroissiale, fut doté par Guy Ier de Laval de dîmes et de terres, permettant son expansion jusqu'à la guerre de Cent Ans.
Pendant la guerre de Cent Ans, l'église fut pillée et incendiée par les Anglais en 1429, contraignant les religieuses à se réfugier définitivement à Angers. L'édifice, laissé à l'abandon pendant des décennies, ne vit ses premières travées reconstruites qu'en 1478. La reconstruction du clocher, entre 1534 et 1538, marqua le début d'une renaissance architecturale, financée en partie par l'afflux de pèlerins attirés par la statue de la « Madone d'Avesnières », réputée miraculeuse. Cette statue du XIVe siècle, liée à une légende locale sauvant Guy II de Laval de la noyade, devint le cœur d'un pèlerinage florissant après que le pape Innocent III eut accordé des indulgences pour sa restauration.
Le XIXe siècle fut une période de transformations majeures pour la basilique. En 1855, l'évêque Casimir Wicart y proclama le dogme de l'Immaculée Conception devant plus de 10 000 fidèles, et la statue de la Vierge fut couronnée en 1859. Le clocher, endommagé pendant la guerre franco-allemande de 1870, fut reconstruit à l'identique entre 1874 et 1876, suivi par la restauration de la façade et des premières travées de la nef (1883-1887). Élevée au rang de basilique mineure en 1898 par le pape Léon XIII, elle devint un symbole de dévotion mariale, célébré lors de grandes fêtes religieuses en 1910, 1944 et 1988.
L'architecture de la basilique combine un plan en croix latine typiquement roman avec un chevet étagé, symbole de la tête penchée du Christ, et un clocher hybride (gothique et Renaissance) culminant à 57 mètres. Le mobilier inclut des statues médiévales classées, comme la « Vierge au lait » (XIIIe-XIVe siècle) et un Saint-Christophe de 3,50 mètres (1583), ainsi qu'un retable baroque du XVIIe siècle et des vitraux de Max Ingrand (1945) remplaçant ceux détruits en 1944. L'édifice abrite aussi les reliques des 14 martyrs de Laval, guillotinés en 1794 et béatifiés en 1955.
Classée parmi les premiers monuments historiques français en 1840, la basilique illustre près d'un millénaire d'histoire religieuse et architecturale. Son pèlerinage, toujours actif, s'appuie sur la légende de Guy Ier de Laval, sauvé des eaux de la Mayenne au XIe siècle, et sur la dévotion à la Vierge, renforcée par des événements comme le couronnement de 1859 ou les processions de la Libération en 1944. Aujourd'hui, elle reste un lieu de culte majeur dans le diocèse de Laval, intégrée à la paroisse « La Trinité - Avesnières - Cordeliers ».