Origine et histoire de la Basilique Notre Dame
La basilique Notre-Dame d'Avioth trouve son origine dans la découverte miraculeuse d’une statue de la Vierge à l’Enfant en bois, vers le XIIe siècle, dans ce qui n’était alors qu’un modeste hameau. La légende raconte que la statue, retrouvée dans un buisson d’épines, revenait mystérieusement à son emplacement d’origine après chaque tentative de déplacement. Ce phénomène attira rapidement des pèlerins, poussant les autorités ecclésiastiques et féodales à soutenir la construction d’un sanctuaire digne de ce culte naissant. Une première chapelle en bois, puis une église romane en pierre (dont subsistent certains piliers du chœur), furent édifiées pour abriter la statue, marquant le début de l’essor du village.
Au XIIIe siècle, l’affranchissement d’Avioth en 1223 et l’intensification du pèlerinage permirent le lancement d’une vaste église gothique, dont la construction s’échelonna jusqu’au XVe siècle. Le chœur, de style rayonnant (fin XIIIe), fut suivi par la nef, les bas-côtés, et la façade occidentale (XIVe), richement sculptée et inspirée de l’abbatiale de Mouzon. Le monument se distingue par son plan basilical à déambulatoire, mêlant influences lorraine (élévations à deux niveaux), champenoise (portail vitré), et rémoise. Une chapelle flamboyante, ajoutée au XVe siècle au sud du transept, fut remaniée à la Renaissance, tandis qu’un escalier monumental fut aménagé au XVIIIe pour faciliter l’accès à la terrasse.
Le site abrite deux éléments uniques : la Recevresse, un monument gothique flamboyant érigé à l’emplacement présumé de la découverte de la statue, et la Vierge noire elle-même, l’une des rares du Nord-Est de la France, datée par carbone 14 vers 1095. La Recevresse, initialement un oratoire modeste, devint un lieu de dépôt des offrandes après que la statue originale fut transférée dans l’église. Son nom provient de la Vierge Recevresse, une réplique installée pour recueillir les dons des pèlerins. Les menottes suspendues au-dessus témoignent de la dévotion des prisonniers libérés, tandis que les armoiries de Gilles de Rodemack (gouverneur du Luxembourg au XVe siècle) ornent ses murs.
Classée monument historique dès 1840, la basilique fut restaurée au XIXe siècle par Émile Boeswillwald, qui préserva ses sculptures révolutionnaires et ses vitraux, comme ceux de Jean-Jacques Grüber (1930). Le pèlerinage, attesté depuis le XIIe siècle, culmine encore chaque 16 juillet, perpétuant une tradition liée à Bernard de Clairvaux, qui y aurait chanté le Salve Regina pour la première fois. Élevée au rang de basilique mineure en 1993 par Jean-Paul II, elle doit sa conservation à la Fondation du patrimoine et aux dons des fidèles, illustrant huit siècles de dévotion ininterrompue.
L’architecture intérieure révèle une élévation à deux niveaux, un chœur profond ceint d’une clôture de pierre ajourée, et un déambulatoire ouvrant sur des chapelles. L’orgue de Nicolas Boizard (1715) et l’armoire eucharistique, inspirant la forme de la Recevresse, complètent cet ensemble. Endommagée lors de la Première Guerre mondiale, la basilique fut préservée grâce à des campagnes de restauration continues, dont celles de Viollet-le-Duc. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine religieux lorrain, mêlant art, histoire et spiritualité.