Origine et histoire de la Basilique Notre Dame
La basilique Notre-Dame d'Orcival, édifiée entre 1146 et 1178 dans le Puy-de-Dôme, est un chef-d'œuvre de l'architecture romane auvergnate. Elle fut construite pour abriter une statue de la Vierge, réputée sculptée par saint Luc, attirant dès le XIIe siècle un pèlerinage croissant. Ce monument remplace une ancienne église dédiée à saint Étienne, et son chevet complexe, orné de décors polychromes, illustre l'apogée de l'art roman local. La basilique fait partie des cinq « majeures » d'Auvergne, aux côtés de Notre-Dame-du-Port (Clermont-Ferrand) ou Saint-Austremoine d'Issoire.
Classée parmi les premiers monuments historiques français en 1840, la basilique a subi des dommages majeurs lors des séismes de 1477 et 1490, perdant notamment son clocher. Au XIXe siècle, des restaurations (1851, 1856) ont préservé sa structure, bien que certains projets, comme la reconstruction de la flèche, n’aient pas abouti. La Vierge d’Orcival, statue en noyer du XIIe siècle dorée à la feuille, incarne le type Sedes Sapientiae et échappa à la destruction révolutionnaire. Aujourd’hui, le site reste un lieu de pèlerinage, notamment pour les Manouches, et un témoignage intact de l’art roman.
L’intérieur, marqué par des voûtes en berceau et des tribunes, joue sur les contrastes de lumière et d’ombre, typiques de l’esthétique romane. La crypte, accessible par des escaliers en vis, reproduit le plan du chœur et abritait des reliques dans des martyrions. Le narthex, dépourvu de portail ouest, suggère un projet inachevé de façade monumentale. Les chapiteaux végétaux, les modillons à copeaux et les mosaïques de losanges (en trachyandésite) soulignent le raffinement de la décoration, plus sobre qu’à Issoire mais tout aussi symbolique.
Le clocher octogonal, ajouré de baies aux claveaux polychromes, couronne le « massif barlong », caractéristique des églises romanes auvergnates. Ce parallélépipède allongé, surmontant la croisée du transept, crée une silhouette verticale unique. Les tremblements de terre du XVe siècle et un incendie (fin XVe-début XVIe) ont nécessité des réparations, comme le remplacement des tuiles par des lauzes. En 1894, l’église fut élevée au rang de basilique mineure, consolidant son statut patrimonial.
La basilique illustre aussi les liens entre pouvoir religieux et politique : fondée par les comtes d’Auvergne et l’évêque de Clermont, elle devint prieuré de l’abbaye de La Chaise-Dieu avant 1166, puis chapitre en 1245. La Révolution supprima ce dernier en 1790, mais l’édifice, épargné, retrouva sa vocation cultuelle en 1800. Les restaurations du XXe siècle (années 1950-1960) ont révélé des éléments originaux, comme les fenêtres du narthex rouvertes en 2009.