Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours
La basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours de Guingamp, située au cœur de la cité historique bretonne, trouve ses origines dans une chapelle castrale du XIIe siècle, devenue église paroissiale sous le vocable de Saint-Pierre puis de la Bienheureuse-Marie. Son développement majeur débute au XIIIe siècle après l’effondrement partiel de l’édifice, nécessitant une reconstruction prolongée jusqu’au XIVe siècle sous l’impulsion de Charles de Blois, duc de Bretagne, qui participe notamment à l’édification de la sacristie et du grand autel. Les aléas historiques, comme la guerre de Succession de Bretagne (1341–1364) et les sièges des guerres de la Ligue, marquent durablement le monument, dont la renommée grandit grâce à des indulgences papales et à la création de la Frairie Blanche en 1466.
Le XVIe siècle est marqué par des reconstructions majeures, notamment après l’effondrement de la tour sud-ouest en 1535, qui détruit une partie de la nef et du portail occidental. La tour Renaissance, érigée entre 1537 et 1574 par des maîtres d’œuvre comme Jean Le Moal, illustre ce renouveau architectural. Le culte marial prend une ampleur régionale en 1650 avec l’organisation d’un grand pèlerinage, conduisant à l’agrandissement de l’oratoire et à la réalisation d’un retable en tuffeau en 1670. La basilique, pillée et profanée pendant la Révolution, est restaurée au XIXe siècle sous l’égide du curé Jean-Marie Robin, qui obtient en 1857 le couronnement de la Vierge Noire par le pape Pie IX.
Classée Monument Historique en 1914, la basilique porte les stigmates des conflits, comme la destruction partielle de sa tour centrale en 1944 lors de la Libération. Ses éléments remarquables incluent trois tours distinctes (la tour Pointue du XIIIe siècle, la tour Renaissance, et la tour de l’Horloge), un labyrinthe en granit symbolisant la quête spirituelle, et des vitraux des XIXe et XXe siècles. Son orgue, restauré à plusieurs reprises, notamment en 1974, et ses chapelles dédiées à des figures comme Charles de Blois ou Jeanne de Penthièvre, témoignent de son riche patrimoine artistique et historique, lié à la dévotion mariale et à l’histoire bretonne.
La basilique abrite également des enfeus médiévales, comme celui de Rolland de Coatgourheden, sénéchal de Charles de Blois, ou celui de Mgr Pierre Morel, archidiacre de Tréguier au XIVe siècle. Ses vitraux, comme ceux de la chapelle de la Vierge ou de l’abside, racontent des épisodes marquants, tels que le couronnement de la Vierge en 1857 ou la protection divine invoquée pendant la guerre franco-prussienne de 1870. L’édifice, marqué par des styles architecturaux variés (gothique, Renaissance, flamboyant), incarne ainsi près de mille ans d’histoire religieuse, politique et sociale en Bretagne.