Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde
La basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Longpont-sur-Orge trouve ses origines dans une légende remontant au IIIe siècle, où des druides gaulois auraient vénéré une statue de la Vierge dans un chêne creux. Selon la tradition, saint Denis et son compagnon saint Yon, passant par Longpont, auraient révélé aux druides que cette statue représentait la Vierge Marie, mère du Christ. Une chapelle mariale aurait alors été édifiée sur ce site, devenant le plus ancien lieu de dévotion mariale d’Île-de-France. Cette légende, transcrite au XVIIe siècle par dom Jacques Bouillart, lie le sanctuaire à une continuité spirituelle entre paganisme et christianisme.
En 1031, Gui Ier de Montlhéry et son épouse Hodierne de Gometz fondent une église à l’emplacement de cette chapelle, marquant le début de la construction de l’édifice actuel. Trente ans plus tard, ils établissent un prieuré dépendant de l’abbaye de Cluny, faisant de Longpont la première filiale clunisienne en région parisienne. Les parties les plus anciennes de l’église, comme la nef et les bas-côtés romans, datent du XIIe siècle, tandis que le portail gothique, célèbre pour son tympan représentant le Couronnement de la Vierge, est ajouté vers 1220. Le monument subit des transformations majeures, notamment la démolition du chœur et du transept en 1819 en raison de leur vétusté, suivies d’une reconstruction entre 1875 et 1878 sous l’impulsion du chanoine Auguste Arthaud.
Le site est également marqué par son rôle de lieu de pèlerinage depuis le XIIIe siècle, attirant des fidèles grâce à ses reliques prestigieuses, comme des fragments du voile de la Vierge, et à des miracles attribués à Notre-Dame-de-Bonne-Garde. Au XIXe siècle, l’abbé Arthaud relance la dévotion mariale et enrichit le reliquaire, conduisant à l’érection de l’église en basilique mineure par le pape Pie X en 1913. La basilique, classée monument historique en 1862, reste aujourd’hui un centre spirituel majeur du diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes, avec un reliquaire comptant plus de 1 200 reliques, le plus important d’Île-de-France après Reims et Toulouse.
L’architecture de la basilique mêle des éléments romans et gothiques, avec une nef du XIIe siècle voûtée d’ogives, un portail du XIIIe siècle orné de sculptures mutilées lors des guerres de Religion, et des parties orientales reconstruites au XIXe siècle dans un style néo-roman. Le clocher, épais et trapu, date des XIIe et XIIIe siècles, tandis que les peintures murales de l’abside, réalisées par François Zbinden au début du XXe siècle, illustrent des scènes liées à l’histoire mariale du lieu. Le mobilier, principalement néogothique, et l’orgue monumental installé en 2009 complètent ce patrimoine exceptionnel.
Le prieuré clunisien, fondé au XIe siècle, joue un rôle central dans l’histoire de Longpont. Dirigé par des prieurs commendataires à partir du XVIe siècle, il décline progressivement jusqu’à sa vente comme bien national en 1791. Les moines, chassés pendant la Révolution, reviennent brièvement avant la destruction définitive du couvent. Au XIXe siècle, la confrérie Notre-Dame-de-Bonne-Garde, relancée par l’abbé Arthaud, attire des milliers de pèlerins, dont des personnalités comme le curé d’Ars, Jean-Marie Vianney. Aujourd’hui, la basilique reste un lieu de dévotion active, témoignant de plus de mille ans d’histoire religieuse et architecturale.
Les reliques de la basilique, classées monuments historiques, constituent un ensemble unique. Parmi elles, des fragments attribués à la Vierge Marie, aux apôtres, et à des saints locaux comme saint Denis, côtoient des objets liés à des légendes fondatrices, comme des vestiges de la statue vénérée par les druides. Le reliquaire, exposé dans le croisillon nord, est ouvert aux fidèles les dimanches et lors des pèlerinages. La basilique, avec son orgue de 35 jeux et ses fresques, continue d’accueillir des concerts, des messes et des rassemblements diocésains, perpétuant son rôle de centre spirituel et culturel en Essonne.