Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-l'Assomption
La basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de La Guerche-de-Bretagne, située dans l'ancienne ville close du même nom, est un édifice gothique des XIIIe, XIVe et XVIe siècles, restauré et agrandi au XIXe siècle. Sanctuaire de pèlerinage local, elle dépend de l'archidiocèse de Rennes. Son histoire remonte au Xe siècle avec une dévotion mariale attestée, bien que la statue actuelle de la Vierge, creuse et polychrome, date du XVIIe siècle. Cette statue, taillée dans un tronc d'arbre, fut couronnée en 1937 par l'archevêque de Rennes, Mgr René-Pierre Mignen, sous la présidence du cardinal Suhard.
La première mention écrite d'une chapelle dédiée à Notre-Dame à La Guerche date de 1152, mais un édifice cultuel existait probablement dès le Xe siècle. Les seigneurs locaux en firent don à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes avant que Guillaume II n'y fonde une collégiale en 1206. La paroisse de La Guerche ne fut officiellement créée qu'à la Révolution française, son territoire dépendant auparavant de Rannée. L'église devint basilique mineure en 1951, après son classement comme monument historique en 1913.
L'architecture de la basilique mêle des éléments romans, gothiques et néo-gothiques. La flèche de 75 mètres, inspirée des modèles cornouaillais, fut ajoutée par l'architecte Arthur Regnault entre 1869 et 1873. Le chœur, d'inspiration normande, date des XIIIe–XIVe siècles, tandis que la nef, reconstruite au XVIe siècle, présente une voûte lambrissée ornée de sablières. Les vitraux des XVe–XVIIe siècles, classés en 1907, comptent parmi les plus remarquables d'Ille-et-Vilaine, malgré les dégradations subies lors des guerres de Religion.
Les stalles du chœur, sculptées entre 1505 et 1527, illustrent des scènes bibliques et des péchés capitaux, avec des motifs Renaissance. L'orgue, construit par Debierre en 1888–1889 et inauguré par Camille Saint-Saëns, est classé depuis 2005. Parmi les autres œuvres notables figurent un gisant du XIIIe siècle et une Vierge de pitié du XVIe siècle (volée). La basilique conserve aussi des traces de son passé castral, comme une tour romane à fort talutage.
La collégiale, desservie par des chanoines jusqu'en 1791, devint église paroissiale après la Révolution. Son statut de basilique mineure, accordé par Pie XII, est symbolisé par un ombrellino et une cloche dans le chœur. Le site, lié à la famille de Vitré puis aux ducs de Brissac, reflète l'histoire politique et religieuse de la Bretagne, entre influences normandes et affirmations identitaires bretonnes.
Les restaurations du XIXe siècle, menées par les architectes Nugues et Regnault, ont marqué l'édifice d'une empreinte néo-gothique, tout en préservant des éléments médiévaux comme les vitraux ou la voûte sur croisées d'ogives. Le pèlerinage, centré sur la statue de Notre-Dame, reste un élément vivant de la tradition locale, témoignant de la continuité cultuelle depuis le Moyen Âge.