Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres
La basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, située à Soulac-sur-Mer en Gironde, est un édifice religieux roman du XIIe siècle, profondément marqué par son rôle dans le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Son nom évoque la fragmentation historique du Nord-Médoc en îlots, isolés par les eaux jusqu’au XVIe siècle. Classée monument historique en 1891 et inscrite à l’UNESCO en 1998, elle symbolise aussi la lutte contre l’ensablement qui a failli l’engloutir.
Selon des traditions médiévales, l’évangélisation du Médoc serait liée à sainte Véronique, saint Amadour et saint Martial de Limoges, fondateurs d’un oratoire conservant une relique du lait de la Vierge. Bien que ces récits manquent de preuves archéologiques, un monastère bénédictin est attesté dès le XIe siècle. Le prieuré, dépendant de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux, devient une halte pour les pèlerins évitant le golfe de Gascogne, avec des hospices voisins comme celui des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Conçue comme une église de pèlerinage, la basilique abrite des reliques variées, dont une châsse de sainte Véronique et des grains associés à la fuite en Égypte. Dès le XIIe siècle, l’ensablement et les inondations menacent l’édifice, nécessitant des travaux d’exhaussement au XIVe siècle. Au XVIe siècle, des fortifications sont ajoutées face aux guerres de Religion, mais l’avancée des dunes force l’abandon du village en 1741. La basilique, ensevelie, n’est dégagée qu’au XIXe siècle sous l’impulsion du cardinal Donnet.
L’architecture romane de la basilique, influencée par les styles saintongeais et poitevins, se distingue par une nef à collatéraux et des chapiteaux historiés. Le chœur, précédé d’une abside à cinq pans, conserve des vitraux modernes de Francis Chigot (1954). Les restaurations du XIXe siècle, dirigées par Charles Durand, modifient partiellement sa structure, comme la suppression du transept. Aujourd’hui, elle abrite encore des statues vénérées, dont une Vierge en bois polychrome et une châsse médiévale.
Le site, autrefois relié aux chemins de Compostelle, illustre les défis posés par l’environnement côtier. Son sauvetage au XIXe siècle en a fait un symbole de résilience, mêlant patrimoine religieux, architectural et naturel. Les fouilles et restaurations ont révélé des peintures disparues et un décor sculpté évocateur des traditions médiévales, tout en préservant sa fonction cultuelle et mémorielle.