Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame de Liesse
La basilique Notre‑Dame de Liesse‑Notre‑Dame est une basilique mineure catholique située sur la commune de Liesse‑Notre‑Dame, dans l'Aisne, en Hauts‑de‑France. Classé monument historique par arrêté du 20 décembre 1920, l'édifice a été élevé au rang de basilique en 1923. L'église fut fondée en 1134 par les chevaliers d'Eppes ; le chœur date du XIIIe siècle, tandis que le transept et la nef, chantier du XIVe siècle (1384), furent agrandis en 1480. Le sanctuaire a longtemps accueilli des pèlerinages autour d'une Vierge noire médiévale et de la légende d'Ismérie, princesse soudanaise du Caire qui, selon la tradition, sauva des chevaliers, se convertit et épousa Robert d'Eppes. Notre‑Dame de Liesse a été vénérée ailleurs, notamment à Sierck‑les‑Bains en Lorraine et dans le Vaucluse au village de Modène. Au Moyen Âge, le sanctuaire fonctionnait comme lieu de répit et d'exaucement : on implorait la Vierge pour des guérisons, des délivrances, la protection contre la peste et les naufrages, la libération de captifs ou la sauvegarde en cas d'incendie. Sa renommée, considérable jusqu'au XIXe siècle, s'étendait sur le bassin parisien et au‑delà. À partir du XVe siècle, Notre‑Dame de Liesse fut considérée comme l'une des patronnes de la dynastie capétienne et reçut de fréquents pèlerinages royaux ; Charles VI, Louis XI, François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, les reines Catherine de Médicis et Marie de Médicis, Louis XIII et Anne d'Autriche ainsi que Louis XIV figurent parmi les souverains qui s'y sont rendus. En mai 1821, la duchesse de Berry Marie‑Caroline de Bourbon‑Siciles s'y rendit pour remercier la Vierge de la naissance de son fils, accompagnée de son aumônier Marc‑Marie de Bombelles, évêque d'Amiens. La Vierge noire du XIVe siècle fut brûlée pendant la Révolution ; ses restes furent transportés au Québec en 1877 et reposent en partie dans l'église du Gesù de Montréal, tandis que la statue actuelle date du XIXe siècle. La façade occidentale fit l'objet d'une restauration en 1920. La basilique accueille aujourd'hui aussi des pèlerinages de convertis venus de l'islam.
L'édifice, construit en pierre selon un plan basilical, est de style gothique flamboyant ; la façade principale est percée d'un porche du XVe siècle élevé par Charles de Luxembourg et surmonté d'une large baie flamboyante. La nef, composée de quatre travées, s'ouvre sur une croisée de transept surmontée d'un clocher coiffé d'une flèche d'ardoise ; la façade, complétée de deux galeries, est épaulée par de puissants contreforts. À l'intérieur, les clefs de voûte de la nef portent les armes des ducs d'Orléans et une maquette de navire ex‑voto représente le Soleil Royal, offerte en 1692 par le vice‑amiral Anne Hilarion de Tourville après la bataille de la Hougue. La nef et le chœur sont séparés par un jubé en marbre blanc et noir offert par Marie de Gonzague ; la grille en fer forgé provient de la famille de Soyécourt et le jubé est surmonté d'un Christ en croix offert par le duc de Guise au XVIe siècle. L'orgue de tribune, construit en 1864 par Joseph Merklin, a été relevé en 2017 par Laurent Plet.
Dans le chœur, le maître‑autel et son retable peint représentant la Pentecôte, surmontés d'un bas‑relief polychrome représentant l'Assomption et encadrés par un arc triomphal, furent offerts par Marie de Médicis en ex‑voto pour la naissance du futur Louis XIII. La Vierge noire, vénérée sous le vocable « Notre‑Dame de Liesse, source et cause de notre joie », est placée sur le tabernacle. La chapelle Saint‑Louis, restaurée après la Seconde Guerre mondiale, abrite un diorama racontant l'histoire des trois frères d'Eppes et d'Isméria. Dans le bras sud du transept se trouve une huile sur toile du XVIIe siècle représentant la Pentecôte, protégée au titre d'objet depuis le 20 décembre 1973, ainsi qu'une huile sur toile du XVIIIe siècle également protégée depuis le 1er août 1974. La sacristie, édifiée en 1618 grâce à un don de Louis XIII, conserve des boiseries partiellement du XVIIe siècle et partiellement du XIXe siècle, toutes protégées comme objets historiques, ainsi que divers ex‑voto ; le calice offert par la duchesse de Berry en 1820 est classé au titre d'objet depuis le 23 mars 2015. Les vitraux originaux furent détruits le 12 mai 1940 ; dans les années 1970, de nouvelles verrières conçues par Jacques Despierres ont été posées et représentent, entre autres thèmes, l'Annonce de la Joie, le Magnificat, l'Apocalypse, l'Ordre de Malte, le diocèse de Soissons, la France en route vers Liesse, le château de Marchais et la famille princière de Monaco.