Crédit photo : MartinTallavignes2.0 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
Frise chronologique
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1011
Première mention d'une chapelle
Première mention d'une chapelle 1011 (≈ 1011)
Une chapelle dédiée à la Vierge est mentionnée pour la première fois.
1137
Mention intermédiaire
Mention intermédiaire 1137 (≈ 1137)
Une mention intermédiaire de la chapelle est faite.
1214
Première attestation du vocable
Première attestation du vocable 1214 (≈ 1214)
Première attestation du vocable Sainte-Marie de Marceille.
Fin du XIVe siècle
Reconnaissance du pèlerinage
Reconnaissance du pèlerinage Fin du XIVe siècle (≈ 1495)
Le sanctuaire est reconnu comme lieu de pèlerinage.
1674
Transformation de l'édifice
Transformation de l'édifice 1674 (≈ 1674)
Les Doctrinaires transforment l'édifice après en avoir reçu la conduite spirituelle.
1783
Voûtement de l'édifice
Voûtement de l'édifice 1783 (≈ 1783)
L'église est voûtée par l'italien Bernard Rippa.
1843
Fermeture du puits
Fermeture du puits 1843 (≈ 1843)
Le puits intérieur de l'église est fermé.
1862
Couronnement de la Vierge noire
Couronnement de la Vierge noire 1862 (≈ 1862)
La statue de la Vierge noire est couronnée.
1885
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher 1885 (≈ 1885)
La tourelle-clocher est largement reconstruite.
1943
Inscription des abords
Inscription des abords 1943 (≈ 1943)
Les abords de l'église sont inscrits au titre des sites naturels.
1948
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 1948 (≈ 1948)
L'église est inscrite au titre des monuments historiques.
Début du XXe siècle
Élévation au rang de basilique
Élévation au rang de basilique Début du XXe siècle (≈ 2004)
L'église est élevée au rang de basilique mineure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-de-Marceille (cad. E 735) : inscription par arrêté du 27 septembre 1948
Personnages clés
Bernard Rippa
Italien responsable du voûtement de l'église en 1783.
Marie
Vierge noire vénérée dans le sanctuaire, statue de bois des XIe-XIIe siècles.
Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame de Marceille
L’église Notre‑Dame‑de‑Marceille, située sur la commune de Limoux (Aude), est attestée au début du XIIIe siècle et a gagné une grande renommée comme lieu de pèlerinage en raison d’une source voisine réputée miraculeuse. Le site présente une occupation ancienne : des outils du Paléolithique moyen, un four du Néolithique (vérazien) et des objets de l’âge du Bronze y ont été découverts, et une villa gallo‑romaine, peut‑être liée à un personnage nommé Marcellus, pourrait expliquer le toponyme Marceille. Une chapelle dédiée à la Vierge est mentionnée dès 1011 et la première attestation du vocable Sainte‑Marie de Marceille remonte à 1214 ; une mention intermédiaire date de 1137. La Vierge noire vénérée dans le sanctuaire, statue de bois d’origine ancienne datée des XIe‑XIIe siècles, a fait l’objet d’une dévotion populaire ; la tradition rapporte sa découverte selon une légende locale et la statue fut couronnée en 1862. Le puits intérieur fut fermé en 1843.
L’édifice, de style gothique méridional, se présente comme un grand rectangle à nef unique de cinq travées séparées par des arcs doubleaux reposant sur des piliers peu saillants munis de dosserets. Initialement couvert par une charpente apparente, il a été voûté en 1783 par l’italien Bernard Rippa. Le sanctuaire, étroit et pentagonal, est encadré par deux absidioles pentagonales ; de part et d’autre de la première travée deux chapelles latérales forment un transept et abritent de nombreux ex‑votos. La tourelle‑clocher, octogonale, s’élève au sud de la seconde travée à partir du chœur et a été largement reconstruite en 1885.
Le porche montre un caractère monumental : les piédroits extérieurs sont composés de boudins de diamètres inégaux, profilés en amande avec avant‑bec méplat et disposés en double ébrasement. Les colonnettes portent des chapiteaux sculptés en bouquets de feuillage sur deux rangs, et la porte qui ouvre sur la nef est scindée par un trumeau orné d’une Vierge dont le revers porte le cartouche « Mater et Virgo ». Les longs jours du sanctuaire sont des baies à deux formes séparées par un meneau très délié, chaque forme tréflée étant surmontée d’un trilobe et d’un quatre‑feuilles ; la rosace sud se compose de six quatre‑feuilles entourant un quatrième central, les écoinçons étant garnis de vitraux.
Sur le plan institutionnel, l’église dépendait de l’abbaye de Saint‑Hilaire puis, à partir de 1260, directement de l’archevêque de Narbonne. Le prieuré fut uni au collège de Narbonne à Paris, puis placé sous la direction des Pères Doctrinaires de Limoux ; la reconstruction de l’église semble correspondre à la période où ses revenus furent attribués au collège. Dès la fin du XIVe siècle le sanctuaire est reconnu comme lieu de pèlerinage. Un séminaire de lazaristes fut installé autour de l’église et des bâtiments furent construits au sud ; en 1674 la conduite spirituelle fut confiée aux Doctrinaires qui transformèrent l’édifice. En 1873 le pèlerinage fut confié aux missionnaires de Saint‑Vincent de Paul, puis l’église fut desservie par des prêtres diocésains. L’église a été élevée au rang de basilique mineure au début du XXe siècle ; elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1948 et ses abords sont inscrits au titre des sites naturels depuis 1943.
À l’intérieur figurent un maître‑autel du début du XVIIIe siècle et une table de communion en marbre de Caunes datée de 1702, ainsi que plusieurs toiles des XVIIe‑XVIIIe siècles ; l’orgue a été installé au milieu du XIXe siècle. Le sanctuaire a été l’objet de restaurations et de sauvegardes successives ; en 2007, alors que des travaux étaient en cours, la Vierge noire a été mutilée et une partie de ses éléments volés.