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Basilique Notre-Dame de Marienthal de Haguenau dans le Bas-Rhin

Basilique Notre-Dame de Marienthal de Haguenau

    1 Place de la Basilique Marienthal
    67500 Haguenau

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1240
Fondation de la communauté
1256
Construction de la première église
1402
Indulgences papales
1525
Destruction pendant la guerre des Paysans
1617
Prise en charge par les jésuites
1727
Dons de Marie Leszczynska
1859
Couronnement de la Pietà
1892
Érection en basilique mineure
1944
Destruction des vitraux
2015
Restauration de l'orgue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Albert de Haguenau - Fondateur du prieuré Noble ayant créé la communauté en 1240.
Marie Leszczynska - Reine de France (1725–1768) Offrit couronnes et dons à la Vierge.
Martin Feuerstein - Peintre des fresques (1889–1890) Auteur des peintures murales de la basilique.
Jacques Le Chevallier - Maître-verrier (XXe siècle) Créa les vitraux après 1944.
Joseph Engling - Séminariste et soldat Pèlerin à Marienthal, mort en 1918.
Pape Léon XIII - Souverain pontife (1878–1903) Érigea l'église en basilique en 1892.

Origine et histoire

La basilique Notre-Dame de Marienthal de Haguenau, située dans le Bas-Rhin en Alsace, est le plus ancien sanctuaire marial de la région. Son origine remonte à 1240, lorsque Albert de Haguenau, un noble local, se retire près de la rivière de Marienthal pour fonder une communauté d'ermites. Ces ermites adoptent la règle de l'ordre de Saint-Guillaume, devenant ainsi des « guillemites ». En 1256, une première église est construite par Bourcard de Wangen et son épouse Ida de Fénétrange, sur des terres cédées par la famille d'Albert. Une chapelle est érigée en 1257 en l'honneur d'une statue de la Vierge Marie, donnant naissance au nom Marienthal (« val de Marie »). Le pèlerinage prend de l'ampleur au XIVe siècle, et en 1402, le pape Boniface IX accorde des indulgences aux pèlerins.

Au XVIe siècle, le sanctuaire est ravagé par la guerre des Paysans (1525) et la Réforme protestante, entraînant la disparition de l'ordre des guillemites en 1543. Les jésuites prennent en charge le lieu en 1617, relançant le pèlerinage malgré les destructions de la guerre de Trente Ans (1618–1648). En 1650, l'église est restaurée, et le pèlerinage attire jusqu'à 3 000 fidèles par an. Marie Leszczynska, future reine de France, se rend à Marienthal en 1725 pour bénir son union avec Louis XV. Devenue reine, elle offre des couronnes en or et des dons somptueux au sanctuaire en 1727, renforçant sa notoriété. Les jésuites, qui gèrent le lieu jusqu'en 1765, rénovent l'intérieur en 1728 et élèvent un maître-autel en 1741.

La Révolution française (1789–1799) marque une période trouble : les biens de l'Église sont confisqués, et les statues de la Vierge sont mises à l'abri en Allemagne pour échapper à la destruction. Malgré l'interdiction du pèlerinage en 1799, il reprend en 1803 après le Concordat. Au XIXe siècle, la basilique est agrandie (1863–1866) sous la direction de l'architecte Charles Morin, et les statues de la Vierge sont solennellement couronnées en 1859 et 1871. Le pape Léon XIII érige l'église en basilique mineure en 1892. Au XXe siècle, Marienthal devient un symbole de paix européenne, accueillant des pèlerins de France, d'Allemagne et de Suisse. Les vitraux, détruits en 1944, sont remplacés entre 1952 et 1958 par des œuvres de Jacques Le Chevallier.

Le sanctuaire abrite deux statues emblématiques : la Vierge à l'Enfant (1425), dite Notre-Dame-de-la-Joie, et la Vierge de Pitié (fin XVe siècle), toutes deux restaurées et vêtues selon une tradition séculaire. Les fresques et peintures, comme celles de Martin Feuerstein (1889–1890), illustrent des scènes mariales et l'histoire du lieu. L'orgue, plusieurs fois rénové (notamment en 1962 et 2015), et la chorale Sainte-Cécile, fondée en 1878, animent les offices. Les ex-voto, tableaux et plaques en marbre, témoignent des grâces obtenues par les pèlerins, notamment lors des conflits du XIXe et XXe siècles.

Marienthal est aussi lié à des figures spirituelles comme Joseph Engling, séminariste allemand mort en 1918, dont la mémoire est honorée par le mouvement de Schoenstatt. En 1992, le pape Jean-Paul II souligne le rôle du sanctuaire comme centre d'expérience spirituelle au carrefour de l'Europe. Aujourd'hui, la basilique continue d'attirer des fidèles pour ses fêtes mariales (Assomption, Nativité de Marie) et ses indulgences, une tradition remontant à 1402. Des rénovations récentes (2019–2021) ont restauré les plafonds du chœur et des chapelles, révélant des décors originaux du XIXe siècle.

Le prieuré adjacent, autrefois géré par les sœurs du Très Saint Sauveur puis par des bénédictines jusqu'en 2024, accueille prêtres âgés et pèlerins. Le site, accessible par train (gare de Marienthal) ou route (D44 depuis Haguenau), reste un haut-lieu de dévotion mariale et de réconciliation européenne, marqué par son histoire mouvementée et sa richesse artistique.

Liens externes