Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-Thierenbach
La basilique Notre-Dame-de-Thierenbach, située à Jungholtz dans le Haut-Rhin, trouve ses origines dans un prieuré bénédictin fondé en 1130 sur un lieu de pèlerinage dédié à la Vierge, sous la protection de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny. Quelques fragments sculptés de ce premier édifice médiéval subsistent encore aujourd’hui. Le site, abandonné pendant la guerre de Trente Ans, fut reconstruit à partir de 1697, avec un bâtiment conventuel érigé entre 1698 et 1717.
L’église actuelle, construite entre 1717 et 1723 selon les plans initiaux de moines bénédictins de Franche-Comté, fut profondément remaniée par l’architecte Peter Thumb en 1719, qui en supervisa aussi la construction. Supprimé en 1791 lors de la Révolution, le prieuré fut racheté par la ville de Soultz, permettant la poursuite du pèlerinage. En 1881, l’église devint paroissiale pour Jungholtz, mais un incendie en 1884 détruisit une partie des bâtiments conventuels et endommagea l’édifice, nécessitant des restaurations.
Les décors intérieurs marquent son histoire artistique : les peintures murales de Martin Feuerstein, réalisées entre 1891 et 1911, ornent le chœur et les absidioles, tandis que Marcel Imbs restaura en 1926 La Sainte Famille, endommagée pendant la Première Guerre mondiale. René Kuder intervint en 1924 pour repeindre la coupole de la chapelle latérale. Enfin, un clocher à bulbe, de style moderne, fut ajouté en 1932. L’édifice, partiellement classé et inscrit aux monuments historiques depuis 1982, témoigne de huit siècles de dévotion mariale et d’évolution architecturale.
Architecturalement, la basilique se distingue par sa voûte en berceau à lunettes dans la nef et le chœur, et des voûtes d’arêtes dans les collatéraux. Le site, propriété de la commune, conserve aussi des traces de son passé monastique, avec des éléments protégés comme les peintures de Feuerstein. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de l’Alsace, entre héritage bénédictin, destruction révolutionnaire, et renaissance comme lieu de culte paroissial et de pèlerinage.