Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-des-Enfants
La basilique Notre-Dame-des-Enfants de Châteauneuf-sur-Cher trouve son origine dans l’initiative de l’abbé Jacques-Marie Ducros, nommé curé en 1861. Découvrant une église en ruine, il lance une souscription auprès des enfants, leur demandant « deux sous » en échange de prières à la Vierge Marie. Cette campagne, marquée par des lettres touchantes comme celle d’une fillette de Semur-en-Brionnais, inspire le nom du sanctuaire : Notre-Dame des Enfants. En 1866, la confrérie du même nom est fondée, puis érigée en archiconfrérie par le pape Pie IX en 1870.
La première pierre est posée le 29 août 1869 sous la bénédiction de l’archevêque de Bourges, Charles-Amable de La Tour d'Auvergne-Lauraguais. Les plans sont conçus par deux architectes : Édouard Marganne (fondations) et M. Auclair (élévation), tandis que le frère Hariolf dirige les travaux. Le gros œuvre s’achève en 1879, suivi de l’aménagement intérieur en 1886. La basilique, de style néogothique, mesure 80 mètres de long et 21 mètres sous voûte, avec une nef bordée de colonnes élancées.
En 1896, le pape Léon XIII élève le sanctuaire au rang de basilique, qui est consacrée le 24 avril 1898. Son histoire est marquée par des contributions artistiques majeures : sculptures de Caussé, vitraux de l’atelier Lobin, orgue d’Aristide Cavaillé-Coll (1889), et une statuaire dédiée à l’enfance (Vincent de Paul, Thérèse d’Avila, etc.). La basilique, inscrite aux Monuments historiques en 1983, abrite aussi une crèche sulpicienne de 1887 et un chemin de croix de Vaucouleurs.
La chapelle Notre-Dame-des-Enfants, au chevet, illustre la dévotion mariale par des bas-reliefs représentant la Vierge entourée d’enfants. Le financement a bénéficié de dons, dont ceux de la famille de Maillé, propriétaires du château local. Quatre plaques commémorent les étapes clés : la pose de la première pierre, la bénédiction de la statue en 1869, et son couronnement en 1923 par Pie XI.
Le pèlerinage annuel, en mai, attire les fidèles autour de cette basilique toujours ouverte au culte. Accessible aux personnes à mobilité réduite, elle conserve 2 000 ex-voto et un patrimoine liturgique riche, comme la chaire des ateliers Buisine-Rigot ou les stalles du chœur. Son orgue, classé en 1976, a été restauré entre 1979 et 1980.
La basilique incarne à la fois un héritage architectural néogothique et une spiritualité populaire, née de la générosité des enfants. Son histoire reflète aussi l’influence des réseaux religieux du XIXe siècle, entre dévotion mariale, éducation catholique (via l’école des Frères) et mécénat local, comme celui des de Maillé ou des ateliers d’art sacré de l’époque.