Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-des-Miracles
La basilique Notre-Dame-des-Miracles de Mauriac, située dans le Cantal en Auvergne-Rhône-Alpes, est un chef-d’œuvre de l’art roman auvergnat. Construite aux XIe et XIIe siècles, elle remplace une chapelle dédiée à sainte Théodechilde, figure légendaire liée à Clovis ou Thierry Ier. Son architecture combine austérité du chœur et élégance des piliers de la nef, avec une voûte en berceau brisé et des bas-côtés voûtés d’arêtes. Le tympan du portail ouest, attribué à l’école languedocienne, représente l’Ascension du Christ, entouré des Douze Apôtres et de la Vierge, avec une inscription latine évoquant leur montée au ciel.
L’histoire de la basilique mêle récits légendaires et faits historiques. Selon la tradition, Théodechilde, fille ou petite-fille de Clovis, aurait fondé un monastère sur ce site après une apparition miraculeuse de la Vierge la sauvant d’une lionne. Les terres de Mauriac auraient été données par Basolus, comte d’Auvergne, à l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens. Cependant, des études révèlent que ces titres de donation sont des faux médiévaux (IXe–XIe siècles), destinés à légitimer la possession des terres par l’abbaye. L’église actuelle, construite au XIIe siècle, intègre des éléments plus anciens, comme une cuve baptismale du XIIe siècle, rare en Haute-Auvergne.
Classée monument historique dès 1840, la basilique a subi des transformations majeures, notamment la reconstruction de son clocher octogonal au XIXe siècle par l’architecte Aymon Mallay, marquant le premier exemple d’art néo-roman dans le Cantal. Le tympan, endommagé en 1574 par les protestants, et les vitraux du XIXe siècle, dont un représentant l’évêque Jean-Paul-Marie Lyonnet, témoignent de son riche patrimoine artistique. Érigée en basilique mineure en 1921 par le pape Benoît XV, elle reste un lieu de culte actif, avec plus de 500 célébrations annuelles.
L’architecture de la basilique se caractérise par un plan en croix latine, une nef de cinq travées, un transept débordant, et un chœur avec abside hémicirculaire. La coupole sur trompes de la croisée du transept, les chapiteaux sculptés (feuillages, animaux fantastiques), et les modillons extérieurs variés illustrent la maîtrise des artisans romans. Le portail ouest, encadré de lions et orné de signes du zodiaque, reflète des influences languedociennes. Les dimensions imposantes (35,80 m de longueur, 14,55 m de hauteur sous nef) en font un édifice majeur du patrimoine religieux auvergnat.
Les troubles religieux ont marqué son histoire, comme l’occupation protestante de Mauriac en 1574, commémorée par une procession annuelle jusqu’au XIXe siècle. La translation des reliques de saint Mary au XIIe siècle, orchestrée par Ermengarde d’Apchon, renforce son statut de lieu sacré. Les restaurations successives, notamment après la Révolution (démolition du clocher en 1793), ont préservé son intégrité tout en adaptant l’édifice aux besoins liturgiques modernes. Aujourd’hui, la basilique allie patrimoine historique et vie spirituelle, attirant pèlerins et visiteurs par son tympan exceptionnel et son atmosphère recueillie.