Origine et histoire de la Basilique Notre Dame
La basilique Notre-Dame du Folgoët, située dans le Finistère, est un édifice gothique marial construit à partir de la fin du XIVe siècle sur l’emplacement où vécut Salaün ar Foll, un ermite breton du XIIIe siècle vénéré pour sa dévotion à la Vierge. Son origine remonte à un vœu du duc Jean IV de Bretagne après sa victoire à Auray en 1365, bien que les travaux aient débuté plus tardivement, vers 1380, avant d’être interrompus par la guerre. L’église, dédiée en 1419 puis consacrée en 1423 par Jean V, devient une collégiale et obtient en 1427 le titre de basilique mineure, bien que ce statut ne soit pas documenté avec certitude.
L’architecture de la basilique se distingue par son asymétrie, avec un transept incomplet et un jubé gothique en kersanton, unique en Bretagne, inspiré des modèles anglais comme celui de la cathédrale d’Exeter. Le monument subit un incendie en 1708, détruisant partiellement la nef, alors couverte d’un lambris en bois. Au XVIIe siècle, la tour sud, restée inachevée, est surmontée d’un étage à colonnes ioniques. Les vitraux, initialement réalisés par Allain Cap au XVIIe siècle, sont remplacés au XIXe siècle par des œuvres d’Émile Hirsch, exécutées par les ateliers Loglet, Queynoux et Poutet.
La basilique est profondément liée à la dynastie des Montfort, notamment Jean V, qui y ajoute une chapelle ducale au sud et un porche richement décoré, reflétant leur stratégie politique et religieuse. Le pèlerinage, favorisé par les ducs et la duchesse Anne de Bretagne, attire des fidèles jusqu’à aujourd’hui, avec des traditions comme les Pemp Sul (cinq dimanches mariaux en mai) et le pardon annuel de septembre. Classée Monument Historique dès 1840, elle reste un symbole du patrimoine religieux breton, mêlant histoire ducale, art gothique et dévotion populaire.
Le site abrite également un calvaire édifié par le cardinal Alain de Coëtivy, ainsi qu’un manoir canonial (Doyenné) construit grâce aux offrandes d’Anne de Bretagne. Les cloches, dont une fondue en 1560, et les vitraux narrant la légende de Salaün ar Foll, renforcent son caractère sacré. Malgré les destructions révolutionnaires (statues et armoiries bûchées), les restaurations du XIXe siècle ont préservé son intégrité, faisant d’elle un témoin majeur de l’art gothique en Bretagne et un lieu de pèlerinage toujours vivant.
L’organisation spatiale initiale, prévue avec des voûtes d’ogives, est modifiée en cours de chantier pour adopter un lambris de bois, choix typique de l’architecture bretonne. Le jubé, chef-d’œuvre du XVe siècle, échappe de peu à une restauration controversée en 1840 grâce à l’intervention de protecteurs comme Miorcec de Kerdanet. Les matériaux locaux (kersanton, granite de Kernilis) et les influences anglaises (motifs flamboyants) soulignent son originalité. Aujourd’hui, la basilique, intégrée à la paroisse Notre-Dame-du-Folgoët-Abers-Côte des Légendes, continue d’attirer les fidèles et les amateurs d’art sacré.