Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-du-Port
La basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand, édifiée entre 1120 et la fin du XIIe siècle, est un chef-d'œuvre de l’architecture romane auvergnate. Construite en arkose blonde, elle se distingue par son massif barlong, ses chapiteaux sculptés et son chevet orné de mosaïques fines. Son nom provient du quartier « Le Port », ancien lieu de stockage des marchandises, attesté dès 1065. À l’origine appelée « Sainte-Marie Principale », elle fut desservie par des chanoines dès le Xe siècle, sécularisés avant le XIIIe siècle.
Selon la tradition, une première église aurait été fondée au VIe siècle par saint Avit sur une source gallo-romaine, puis reconstruite après les ravages normands du IXe siècle par saint Sigon. Cependant, ces récits relèvent davantage de la légende, bien qu’un édifice antérieur à la basilique actuelle soit confirmé par des sources du Xe siècle. L’église actuelle, classée monument historique dès 1840 et élevée au rang de basilique mineure en 1881, fut gravement endommagée par des séismes aux XVe et XVIe siècles, puis restaurée à plusieurs reprises, notamment après la Révolution.
La basilique abrite une Vierge noire vénérée depuis au moins le XVe siècle, avec une statue actuelle datant de 1734, copie d’un original plus ancien. Elle devint un lieu de pèlerinage majeur à partir du XVIIe siècle, avec une procession annuelle institutionnalisée en 1614. Les chanoines du Port, second chapitre de Clermont après celui de la cathédrale, jouèrent un rôle clé dans son développement. L’édifice, marqué par des restaurations successives (XIXe–XXIe siècles), allie sobriété architecturale et symbolisme sacré, avec des vitraux du XIXe siècle et des tableaux des XVIIe–XVIIIe siècles.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 pour son lien avec les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, la basilique se distingue par son plan en croix latine, son déambulatoire et ses quatre chapelles rayonnantes. Son tympan sud, rare en Auvergne, illustre des scènes de la vie du Christ, tandis que ses chapiteaux mêlent motifs ornementaux et récits bibliques. L’usage de pierres volcaniques dans le chevet et la présence de blocs antiques réemployés témoignent de son ancrage historique.
Les restaurations modernes (2006–2008) ont permis de retrouver l’aspect originel des pierres, de rétablir les tuiles canal et de mettre en valeur les fresques du XIXe siècle. Aujourd’hui, la basilique reste un lieu de culte actif, avec une procession annuelle en mai, et un symbole du patrimoine religieux et artistique de l’Auvergne.