Frise chronologique
808
Légende fondatrice
Légende fondatrice
808 (≈ 808)
Découverte miraculeuse de la statue de la Vierge.
1168
Destruction de Josselin
Destruction de Josselin
1168 (≈ 1168)
Reconstruction de l’église après Henri II d’Angleterre.
fin XIIe siècle
Vestiges romans
Vestiges romans
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Chœur et absidiole conservés aujourd’hui.
XIIIe siècle
Agrandissement du chœur
Agrandissement du chœur
XIIIe siècle (≈ 1350)
Voûtement du transept en pierre.
1461–1491
Construction nef et bas-côtés
Construction nef et bas-côtés
1461–1491 (≈ 1476)
Travaux sous les seigneurs de Rohan.
1705
Effondrement partiel
Effondrement partiel
1705 (≈ 1705)
Chute du haut de la tour nord.
1891
Titre de basilique mineure
Titre de basilique mineure
1891 (≈ 1891)
Octroi par le pape Léon XIII.
1949
Achèvement de la flèche
Achèvement de la flèche
1949 (≈ 1949)
Fin des travaux du clocher moderne.
2020
Classement monument historique
Classement monument historique
2020 (≈ 2020)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La clôture du choeur et les deux piscines du XVe siècle (cad. AD 90) : inscription par arrêté du 23 mai 1927 ; La basilique Notre-Dame-du-Roncier, en totalité, telle que délimitée et hachurée en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. DA 90) : classement du 22 juin 2020
Personnages clés
| Olivier V de Clisson - Connétable et seigneur |
Transforme l’absidiole sud en chapelle privée (XIVe). |
| Marguerite de Rohan - Épouse d’Olivier de Clisson |
Cofinance la chapelle sud (XIVe siècle). |
| Jean II de Rohan - Seigneur de Rohan |
Finance nef et bas-côté sud (1461–1470). |
| Alain IX de Rohan - Ancêtre des Rohan |
Impulse les travaux du XVe siècle. |
| Léon XIII - Pape (1878–1903) |
Accorde le titre de basilique (1891). |
| René Ménard - Architecte nantais |
Conçoit la tour et la flèche (XXe siècle). |
Origine et histoire
La basilique Notre-Dame-du-Roncier de Josselin, en Bretagne, trouve ses origines dans une légende du IXe siècle : en 808, un paysan découvre une statue de la Vierge dans un buisson de ronces au bord de l’Oust. Malgré ses tentatives pour la déplacer, la statue réapparaît systématiquement dans le roncier, conduisant à la construction d’une chapelle, noyau de la future cité de Josselin. Un faucillon, suspendu dans l’édifice, et des ronces incrustées dans le pignon, symbolisent ce miracle fondateur. Des guérisons miraculeuses, dont celles des « aboyeuses de Josselin », y sont attribuées dès le Moyen Âge.
L’église actuelle est reconstruite à la fin du XIIe siècle après la destruction de Josselin en 1168 par Henri II d’Angleterre. Seul le chœur conserve des vestiges romans. Au XIIIe siècle, on agrandit le chœur et voûte le transept, un ouvrage rare en Bretagne médiévale réservé aux grands sanctuaires. Au XIVe siècle, Olivier V de Clisson et Marguerite de Rohan transforment l’absidiole sud en chapelle privée. Entre 1461 et 1491, sous l’impulsion des seigneurs de Rohan (Jean II, Alain IX), la nef et les bas-côtés sont édifiés, suivis d’une tour carrée au nord, partiellement effondrée en 1705.
La basilique subit d’importants remaniements aux XIXe–XXe siècles. En 1891, le pape Léon XIII lui octroie le titre de basilique mineure. Les architectes Lafargue (Blésois), Libaudière et Ménard (Nantais) dirigent alors des travaux majeurs : réfection des chapelles (dont celle de sainte Marguerite, dédiée en 1890), remplacement des voûtes ruinées par des fausses voûtes en plâtre, et construction d’une nouvelle tour-clocher achevée en 1949. La flèche, érigée selon les plans de René Ménard, couronne l’édifice après un demi-siècle d’interruption.
Le mobilier et le décor intérieurs reflètent cette histoire composite. Le porche sud, inspiré de la Renaissance (XVIe siècle), reprend des motifs de la basilique de Guingamp. Les vitraux, les chapiteaux romans à figures, et les piscines du XVe siècle (classées en 1927) témoignent des phases successives. La basilique, classée monument historique en 2020, reste un lieu de pèlerinage actif, marqué par des traditions comme le pardon des aboyeuses, où procession et bénédictions perpétuent un héritage médiéval.
La légende et les miracles associés à Notre-Dame-du-Roncier — guérisons, protection contre les flammes (un fragment de la statue originelle, brûlée à la Révolution, est conservé dans un reliquaire) — ont forgé son identité. Jusqu’au XIXe siècle, une danse macabre se tenait dans la chapelle nord, et les « aboyeuses », femmes atteintes de crises convulsives, venaient y chercher la guérison. Aujourd’hui, le pardon rassemble élus locaux, évêques, et descendants des Rohan, soulignant le lien entre patrimoine religieux et mémoire seigneuriale.