Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame du Roncier
La basilique Notre-Dame-du-Roncier de Josselin, en Bretagne, trouve ses origines dans une légende du IXe siècle : en 808, un paysan découvre une statue de la Vierge dans un buisson de ronces au bord de l’Oust. Malgré ses tentatives pour la déplacer, la statue réapparaît systématiquement dans le roncier, conduisant à la construction d’une chapelle, noyau de la future cité de Josselin. Un faucillon, suspendu dans l’édifice, et des ronces incrustées dans le pignon, symbolisent ce miracle fondateur. Des guérisons miraculeuses, dont celles des « aboyeuses de Josselin », y sont attribuées dès le Moyen Âge.
L’église actuelle est reconstruite à la fin du XIIe siècle après la destruction de Josselin en 1168 par Henri II d’Angleterre. Seul le chœur conserve des vestiges romans. Au XIIIe siècle, on agrandit le chœur et voûte le transept, un ouvrage rare en Bretagne médiévale réservé aux grands sanctuaires. Au XIVe siècle, Olivier V de Clisson et Marguerite de Rohan transforment l’absidiole sud en chapelle privée. Entre 1461 et 1491, sous l’impulsion des seigneurs de Rohan (Jean II, Alain IX), la nef et les bas-côtés sont édifiés, suivis d’une tour carrée au nord, partiellement effondrée en 1705.
La basilique subit d’importants remaniements aux XIXe–XXe siècles. En 1891, le pape Léon XIII lui octroie le titre de basilique mineure. Les architectes Lafargue (Blésois), Libaudière et Ménard (Nantais) dirigent alors des travaux majeurs : réfection des chapelles (dont celle de sainte Marguerite, dédiée en 1890), remplacement des voûtes ruinées par des fausses voûtes en plâtre, et construction d’une nouvelle tour-clocher achevée en 1949. La flèche, érigée selon les plans de René Ménard, couronne l’édifice après un demi-siècle d’interruption.
Le mobilier et le décor intérieurs reflètent cette histoire composite. Le porche sud, inspiré de la Renaissance (XVIe siècle), reprend des motifs de la basilique de Guingamp. Les vitraux, les chapiteaux romans à figures, et les piscines du XVe siècle (classées en 1927) témoignent des phases successives. La basilique, classée monument historique en 2020, reste un lieu de pèlerinage actif, marqué par des traditions comme le pardon des aboyeuses, où procession et bénédictions perpétuent un héritage médiéval.
La légende et les miracles associés à Notre-Dame-du-Roncier — guérisons, protection contre les flammes (un fragment de la statue originelle, brûlée à la Révolution, est conservé dans un reliquaire) — ont forgé son identité. Jusqu’au XIXe siècle, une danse macabre se tenait dans la chapelle nord, et les « aboyeuses », femmes atteintes de crises convulsives, venaient y chercher la guérison. Aujourd’hui, le pardon rassemble élus locaux, évêques, et descendants des Rohan, soulignant le lien entre patrimoine religieux et mémoire seigneuriale.