Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame du Roncier
La basilique Notre‑Dame‑du‑Roncier, à Josselin, est une église paroissiale et un sanctuaire marial dont l’histoire architecturale s’étend du XIIe au XXe siècle. Reconstruite à la fin du XIIe siècle après la destruction de la ville, elle conserve des vestiges romans visibles dans le chœur et dans une arcade liée à une ancienne absidiole nord. La croisée du transept appartient au XIIIe siècle ; à la fin de ce même siècle le chœur est agrandi et le transept voûté en pierre, un procédé réservé aux grands sanctuaires médiévaux en Bretagne. À la fin du XIVe siècle, Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan transforment l’absidiole sud en oratoire et chapelle privée, dite Sainte‑Marguerite. Entre 1461 et 1470 sont élevés la nef et le bas‑côté sud ; ces travaux, liés aux seigneurs de Rohan, semblent avoir bénéficié du soutien du grand vicaire Jean de la Bouère, dont les armes figurent dans une verrière du bas‑côté sud. Le bas‑côté nord est achevé en 1491, période où apparaissent aussi des marques de tâcherons sur l’élévation nord. Une tour carrée, comprenant une chambre forte, est ensuite implantée dans le bas‑côté nord ; sa partie haute s’écroule en 1705 et l’on place un clocher au sommet entre 1731 et 1734. Une importante campagne de restructuration a lieu à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : la chapelle sud est transformée en 1890 par l’architecte Pierre‑Marie Arsène Lafargue, qui réalise aussi l’autel et les bancs, la chapelle nord est réaménagée pour le pèlerinage à partir de 1893, la voûte du chœur et celle du transept sont remplacées par des voûtes en plâtre en 1891, la sacristie est reconstruite en 1895 par René Michel Ménard et une nouvelle tour du chevet est engagée à la fin du siècle par les architectes Lagaury et Émile Libaudière. L’ancienne tour du bas‑côté nord et son clocher sont démolis en 1923 ; la flèche de la tour du chevet, restée inachevée pendant un demi‑siècle, est finalement élevée en 1949 sur les plans de René Charles Ménard. Les façades conservent une forte empreinte gothique du XVe siècle ; l’édifice, initialement en croix, présente aujourd’hui une configuration quasi rectangulaire regroupant la nef et le chœur, les deux transepts, les deux bas‑côtés et les chapelles Sainte‑Marguerite et Sainte‑Catherine, complétée par une tour moderne et la sacristie. À l’intérieur, les piliers romans séparant le chœur de la chapelle Sainte‑Catherine portent des chapiteaux sculptés de personnages, d’animaux et de volutes, et les fenestrages conservent d’anciens vitraux. Le clocher abrite plusieurs cloches, dont le bourdon Marie‑Joseph de Notre‑Dame‑du‑Roncier fondu par Cornille‑Havard en 1925. La clôture du chœur et deux piscines du XVe siècle sont inscrites aux monuments historiques en 1927 ; l’ensemble de l’édifice est inscrit en 1929 puis classé en 2020. La tradition locale rapporte une fondation légendaire remontant à 808, autour d’une statue de la Vierge trouvée dans un roncier, et de nombreux miracles y sont attribués, notamment des guérisons. Le pèlerinage et le pardon de Notre‑Dame‑du‑Roncier, connu sous le nom de pardon des aboyeuses, constituent toujours un moment fort de la vie paroissiale ; jusqu’au milieu du XXe siècle la procession était parfois accompagnée de véritables aboiements, et elle conserve des rites et la présence des autorités locales et religieuses.