Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-du-Saint-Cordon
La basilique Notre-Dame-du-Saint-Cordon de Valenciennes est une basilique mineure catholique située dans le département du Nord. Elle a été édifiée au milieu du XIXe siècle par l'architecte diocésain Alexandre Grigny, le chantier s'étant déroulé entre 1852 et 1864. Le sanctuaire a été conçu pour accueillir la dévotion à Notre-Dame du Saint Cordon, protectrice de Valenciennes depuis le XIe siècle et liée à la procession du « Tour du Saint Cordon » évoquée en 1008. Cette dévotion se tenait auparavant dans l'église Notre-Dame-la-Grande, détruite à la Révolution; après le rétablissement du culte, la paroisse trouva refuge dans la salle des malades de l'Hôtel-Dieu, dite Notre-Dame-la-Grange. La relique du cordon ayant disparu, une statue de la Vierge en bois peint fut réalisée en 1804, traditionnellement attribuée à Jean-Baptiste Cadet de Beaupré et possiblement à Pierre Gillet, à laquelle des anges furent ajoutés en 1891 par René Fache. La renaissance du culte entraîna la recréation de la confrérie des Royés et la reprise de la procession du Saint Cordon. Face à l'accroissement de la dévotion et aux épidémies, la petite église paroissiale devint insuffisante, ce qui motiva la construction d'un nouvel édifice au XIXe siècle. Après un concours et l'intervention d'une commission présidée par Viollet-le-Duc, Alexandre Grigny fut chargé du projet et des artistes locaux furent associés aux décors intérieurs. L'édifice présente un chevet à déambulatoire et trois chapelles rayonnantes d'inspiration normande, un transept percé de portails qui assure l'autonomie du sanctuaire, et une nef de cinq travées flanquée de bas-côtés. Son élévation sur trois niveaux, évoquant le modèle d'Amiens, confère une grande clarté intérieure, tandis que la façade, plus austère, est dominée par une tour-porche inspirée du Clocher Vieux de Chartres et par une composition pyramidale de portails, tourelles polygonales, clochetons ajourés et tabernacles entourant une flèche octogonale. Le décor sculpté a été exécuté notamment par Charles Boulanger, Ernest-Eugène Hiolle et Louis Auvray; le buffet de l'orgue porte également la signature sculptée de Charles Boulanger. Les verrières réalisées par Charles Lévêque furent partiellement détruites en 1918. La chapelle axiale, dédiée à Notre-Dame du Saint Cordon, fut décorée sous la direction de l'architecte Jules Batigny par Louis Auvray et le peintre Gustave Houzet et consacrée le 16 septembre 1872 pour accueillir la statue de dévotion. Parmi les œuvres conservées figurent la Mise au tombeau de René Fache, un Christ montrant ses plaies de Gustave Crauk, des médaillons du XVIIe siècle représentant saint Pierre et saint Gilles, une Célébration de l'Eucharistie d'Auguste Moreau-Deschanvres, des anges d'Ernest Hiolle, un Christ en Croix de Henri Coroënne, une œuvre de Lucien Jonas et un émail Notre-Dame de Grâce du XIXe siècle. L'ostensoir du Saint Cordon de 1864, commandé lors de la construction, a été réalisé par la maison Poussielgue-Rusand. Les orgues ont connu une longue évolution: un orgue de chœur Merklin-Schütze fut installé en 1864, agrandi et modifié à plusieurs reprises, et un grand orgue électrique Merklin de 42 jeux fut inauguré en 1891; l'instrument, dont la tuyauterie est en grande partie d'origine Merklin avec des apports ultérieurs, est classé aux monuments historiques et a fait l'objet d'une restauration en 2014. Le clocher, qui culmine à 83 mètres, abrite plusieurs cloches anciennes, parmi lesquelles la Bancloque datée de 1358, renommée « Jeanne de Flandre » au XIXe siècle, une cloche dite Jeanne datée de 1533 sonnant le fa, la cloche Notre-Dame baptisée en 1889 sonnant le ré, et la cloche Bertholin baptisée en 2008 sonnant mi bémol. L'édifice a souffert de la mauvaise qualité de la pierre dès sa construction et a subi des dommages pendant la Première Guerre mondiale, ce qui a entraîné des restaurations successives au XXe siècle, notamment dans les années 1931-1932, 1950, 1955 et 1971. Une nouvelle campagne de restauration a été lancée en 2007 et se poursuivait en 2013; des associations locales sont fortement impliquées dans la sauvegarde du monument, les travaux ayant été estimés à 13 millions d'euros en 2003 et ayant donné lieu à des affaissements et à des procédures judiciaires. Depuis 1864 la basilique sert de point de départ au Tour du Saint Cordon; en 1892 un office propre fut composé pour Notre-Dame du Saint Cordon, la Vierge fut déclarée patronne de la ville et couronnée en 1897, le pape Pie XI donna le titre de basilique mineure en 1922, et l'édifice est inscrit aux monuments historiques depuis 1996. Malgré son importance culturelle et cultuelle, la messe inaugurale du Tour du Saint Cordon se tient désormais hors de la basilique pour des raisons de capacité, et la conduite des travaux demeure un enjeu local, comme l'a rappelé la position du maire en 2024.