Frise chronologique
IIe siècle
Martyre des saints Andoche, Thyrse et Félix
Martyre des saints Andoche, Thyrse et Félix
IIe siècle (≈ 250)
Inhumation des reliques à Saulieu.
747
Destruction par les Sarrasins
Destruction par les Sarrasins
747 (≈ 747)
Reconstruction financée par Charlemagne.
1112–1119
Construction de la basilique romane
Construction de la basilique romane
1112–1119 (≈ 1116)
Consécration par le pape Calixte II.
1359
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
1359 (≈ 1359)
Destruction partielle de l’édifice.
1704
Reconstruction du chœur classique
Reconstruction du chœur classique
1704 (≈ 1704)
Remplacement du chœur gothique détruit.
2019
Célébration du 9e centenaire
Célébration du 9e centenaire
2019 (≈ 2019)
Commémoration de la consécration de 1119.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Andoche : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Calixte II (Gui de Bourgogne) - Pape (1119–1124) |
Consacre la basilique en 1119. |
| Étienne Ier de Baugé - Évêque et abbé de Saulieu |
Initiateur de la reconstruction romane. |
| Charlemagne - Empereur carolingien |
Finance la reconstruction après 747. |
| Saint Andoche - Martyr chrétien (IIe siècle) |
Reliques vénérées dans la basilique. |
| Viollet-le-Duc - Architecte (XIXe siècle) |
Signale la destruction du portail. |
| Pierre Sibieude - Plasticien (XXe–XXIe siècle) |
Créateur du buffet d’orgue contemporain. |
Origine et histoire
La basilique Saint-Andoche de Saulieu, située dans le département de la Côte-d'Or en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XIe siècle. Elle fut édifiée sur les ruines d’une église carolingienne elle-même reconstruite après une attaque sarrasine en 747. Le monument actuel, de style roman, fut bâti à partir de 1112 sous l’impulsion de l’évêque Étienne Ier de Baugé, suivant un plan clunisien simplifié. Consacrée en 1119 par le pape Calixte II, elle devint un lieu de pèlerinage majeur grâce aux reliques des martyrs Andoche, Thyrse et Félix, conservées depuis le IIe siècle.
La basilique, de 65 à 70 mètres de long, présente une architecture typiquement bourguignonne : nef à trois niveaux (grandes arcades, triforium aveugle, baies), voûtes en berceau brisé, et une façade sobre encadrée de deux tours asymétriques. Les chapiteaux romans du XIIe siècle, restaurés au XIXe siècle, illustrent des scènes bibliques (Ancien et Nouveau Testament) et des motifs animaliers ou floraux. Le portail, reconstitué au XIXe siècle, arbore un tympan représentant le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes.
Durant la guerre de Cent Ans, la basilique fut partiellement détruite par un incendie en 1359, ne laissant debout que les trois nefs. Les chanoines augustins fermèrent les nefs au XVe siècle et reconstruisirent une petite abside au XVIIIe siècle. Le chœur actuel, de style classique, date de 1704 et abrite 56 stalles gothiques du XIVe siècle, partiellement dégradées pendant la Révolution française. Parmi les trésors conservés figurent un sarcophage mérovingien reconstitué, une copie de l’Évangéliaire de Charlemagne, et des reliquaires abritant les restes des trois martyrs.
Classée Monument Historique dès 1840, la basilique a fait l’objet de restaurations majeures aux XIXe et XXe siècles, notamment pour son orgue contemporain (2003) et ses vitraux. Le neuvième centenaire de sa consécration fut célébré en 2019. Son architecture, mêlant influences romanes et gothiques, ainsi que son histoire liée aux pèlerinages médiévaux, en font un patrimoine religieux et culturel incontournable de la Bourgogne.
Les reliques des saints Andoche, Thyrse et Félix, vénérées depuis le IIe siècle, furent translatées en 1119 par Calixte II. Leur culte attira des personnalités comme Clovis, saint Germain d’Auxerre, et Charlemagne, qui finança la reconstruction de l’église carolingienne. Le sarcophage mérovingien, redécouvert en fragments, fut reconstitué en 1848 et placé sous un autel de marbre sculpté en 1950. Les chapiteaux, comme ceux illustrant la Tentation du Christ ou la Fuite en Égypte, reflètent une iconographie médiévale riche, tandis que les stalles du chœur, datées de 1388, témoignent de l’art gothique bourguignon.
La basilique abrite également une copie de l’Évangéliaire de Charlemagne, dont l’original (VIe–VIIe siècle) est conservé au musée François-Pompon de Saulieu. Ce manuscrit, orné de plaques d’ivoire représentant le Christ et la Vierge en majesté, fut probablement offert par Charlemagne au fondateur de l’église. Malgré les destructions révolutionnaires, la basilique a préservé son rôle spirituel et son patrimoine, comme en attestent les vitraux du XIXe siècle et l’orgue polychrome contemporain, symbole de la revitalisation du lieu.