Origine et histoire de la Basilique Saint-Ferjeux
La basilique Saint-Ferjeux de Besançon est un édifice religieux de style éclectique romano-byzantin, construit à la fin du XIXe siècle dans le quartier de Saint-Ferjeux. Elle est dédiée aux saints Ferjeux et Ferréol, patrons de Besançon, dont elle célèbre la mémoire et l’héritage spirituel, en lien avec des figures majeures du christianisme comme saint Irénée de Lyon et saint Polycarpe. La basilique intègre aussi des références aux saints locaux, tels sainte Colette ou sainte Jeanne-Antide Thouret, soulignant son ancrage régional.
Le projet naît en 1870, lorsque le cardinal Césaire Mathieu invoque les saints patrons pour protéger Besançon des troupes prussiennes. Après le vœu solennel de 1871, l’architecte Alfred Ducat, inspiré par des basiliques comme Fourvière ou le Sacré-Cœur, conçoit les plans. Les travaux débutent en 1871, mais Ducat meurt en 1898, laissant son disciple Joseph Simonin achever l’édifice. La crypte est inaugurée en 1895, et la basilique est consacrée en 1925, après 54 ans de travaux.
L’architecture mêle des influences romano-byzantines, avec une façade flanquée de deux tours (horloge et baromètre), une coupole ornée de mosaïques par Ulysse Camille Drupt, et des vitraux de l’atelier Gaudin. La crypte, accessible par des escaliers latéraux, abrite des chapelles et des peintures murales réalisées par des artistes comtois. Le décor célèbre les saints du diocèse, avec des inscriptions latines rappelant leur martyr et leur héritage spirituel.
L’orgue, initialement construit par Jean-Baptiste Ghys pour l’église de Gendrey, est agrandi en 1930 par Jules Bossier avec l’apport du compositeur Jehan Alain. Restauré en 1988 par Jean-Marc Cicchero, il reste un instrument majeur, utilisé notamment par Marie-Claire Alain pour enregistrer l’œuvre de son frère. La basilique, propriété de la ville depuis 1905, est classée Monument Historique en 2006.
Le site est lié à une grotte traditionnelle, lieu de retraite et de martyr des saints Ferjeux et Ferréol au IIIe siècle. Ces prêtres grecs, envoyés par saint Irénée de Lyon, évangélisèrent la Séquanie avant d’être décapités en 212 sur ordre du gouverneur romain Claude. Leur mémoire, fêtée le 16 juin, est au cœur de l’identité religieuse de Besançon.
Avant la basilique actuelle, une église du XVIIe siècle occupait le site, détruite pendant la Révolution. Le renouveau du sanctuaire au XIXe siècle reflète à la fois une dévotion locale et un élan architectural national, marqué par des édifices monumentaux comme ceux de Lyon ou Paris. La basilique incarne ainsi une synthèse entre histoire locale, foi chrétienne et ambition artistique.