Origine et histoire de la Basilique Saint-Martin
La basilique Saint-Martin de Tours est un édifice religieux catholique construit entre 1886 et 1902 par l'architecte Victor Laloux, dans un style néo-byzantin. Elle remplace l'ancienne collégiale Saint-Martin, datée principalement du XIe siècle, qui fut vandalisée pendant la Révolution française, transformée en écurie en 1793, puis démolie après l'effondrement de ses voûtes en 1797. Seules deux tours, la tour Charlemagne et la tour de l'Horloge, furent conservées et classées monuments historiques dès 1840. La nouvelle basilique, inaugurée en 1890, abrite dans sa crypte le tombeau de saint Martin de Tours, un lieu de pèlerinage majeur depuis le Ve siècle.
La première basilique, construite en 470 par l'évêque Perpet de Tours, était un édifice imposant de 160 pieds de long, décoré de 120 colonnes et 52 fenêtres. Elle devint un centre spirituel et politique, accueillant notamment Clovis Ier en 508 après sa victoire à Vouillé. Au fil des siècles, la basilique subit plusieurs incendies (853, 903, 994) et reconstructions, notamment au XIe siècle avec l'ajout de voûtes sur croisées d'ogives. Elle fut un lieu clé sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle et un symbole du pouvoir royal, les rois de France portant le titre honorifique de chanoine de Saint-Martin jusqu'en 1789.
L'édifice actuel, plus modeste que son prédécesseur, fut consacré basilique en 1925. Il intègre des éléments artistiques notables, comme une statue monumentale de saint Martin en bronze, réalisée par Jean-Baptiste Hugues en 1875 et restaurée en 2016. La basilique conserve également des vestiges archéologiques, dont des fondations de la basilique romane et une crypte abritant des fresques et des reliques. Son orgue, datant de 1843 et restauré à plusieurs reprises, ainsi que ses peintures murales exécutées par Pierre Fritel et Adrien Lavieille, en font un lieu riche en patrimoine artistique et historique.
La tour Charlemagne, partiellement effondrée en 1928 et restaurée en 1963, ainsi que la tour de l'Horloge, sont les derniers témoignages visibles de la collégiale médiévale. Les fouilles archéologiques menées dans les années 1970 ont révélé que la basilique romane était enterrée sous près de trois mètres de terre, et que ses fondations sont encore partiellement conservées sous les rues actuelles. La basilique reste un lieu de mémoire, avec une plaque commémorative prévue en 2025 pour les victimes d'agressions sexuelles dans l'Église.
Saint Martin de Tours, évêque au IVe siècle, fut inhumé en 397 dans un cimetière chrétien à l'extérieur de la ville. Son tombeau devint rapidement un lieu de dévotion, attirant des pèlerins de toute la Gaule. L'évêque Brice de Tours construisit une première chapelle en bois en 437, remplacée par la basilique de Perpet en 470. Ce sanctuaire, doté d'une communauté religieuse pratiquant la laus perennis, fut un modèle pour les églises médiévales et un symbole de la christianisation de la France.
La basilique actuelle perpétue ce patrimoine spirituel et historique. Elle est gérée par la commune de Tours et classée partiellement aux monuments historiques. Son dôme, sa crypte et ses éléments décoratifs en font un exemple remarquable de l'architecture religieuse du XIXe siècle, tout en honorant près de seize siècles d'histoire chrétienne en Touraine.