Origine et histoire de la Basilique Saint-Mathurin
La basilique Saint-Mathurin de Larchant, située en Seine-et-Marne, est une église catholique dédiée à saint Mathurin, figure légendaire du IIIe siècle. Selon une légende médiévale, Mathurin, né à Larchant, fut appelé à Rome pour exorciser la fille de l'empereur Maximien Hercule. Après sa mort, son corps fut ramené dans son village natal, où son tombeau devint un lieu de miracles et de pèlerinage majeur au Moyen Âge. Bien que communément appelée basilique, elle n’a jamais reçu ce titre officiel de l’Église.
L’histoire de Larchant est liée au chapitre de Notre-Dame de Paris depuis le XIe siècle, lorsque Élisabeth Le Riche, héritière du domaine, le donna à cette institution. Sous leur égide, l’église devint un centre de pèlerinage florissant, attirant des rois comme Charles IV, Louis XI, et Henri IV. Les offrandes des pèlerins financèrent même partiellement les clercs de Notre-Dame. Le pèlerinage, axé sur la guérison des fous et des possédés, connut son apogée entre le XIIe et le XVIe siècle, avant de décliner après la Révolution française.
L’architecture de l’édifice, construite entre la fin du XIIe et le XVIe siècle, reflète l’évolution du style gothique en Île-de-France. La basilique, classée monument historique en 1846, subit de nombreuses dégradations au fil des siècles : pillages pendant les guerres de Religion (1567-1568), effondrement partiel en 1675, et restaurations successives aux XIXe et XXe siècles. Malgré ces vicissitudes, elle reste un témoignage remarquable de l’art gothique, avec une nef de 57 mètres, un chœur semi-circulaire, et une tour-clocher de 50 mètres.
Le pèlerinage de saint Mathurin, autrefois l’un des plus importants de France, attirait des fidèles venus implorer sa protection contre la folie et la possession démoniaque. Des exorcismes célèbres, comme celui de 1601 où un démon nommé Astaroth fut contraint de reconnaître les reliques du saint, illustrent l’importance spirituelle du lieu. Aujourd’hui, une cérémonie annuelle le lundi de Pentecôte perpétue cette tradition.
Les dimensions impressionnantes de la basilique (57 m de long, 18 m de hauteur sous voûtes) et ses éléments architecturaux, comme les contreforts de l’abside et le triplet de fenêtres du transept, en font un joyau du patrimoine francilien. La chapelle de la Vierge, ajoutée au XVe siècle, et le portail du Jugement dernier, inspiré de Notre-Dame de Paris, témoignent de son riche passé artistique et religieux.