Frise chronologique
Xe siècle
Fondation de la première église
Fondation de la première église
Xe siècle (≈ 1050)
Édifiée par Gérard de Toul pour Thierry Ier de Metz.
Milieu XIe siècle
Reconstruction romane
Reconstruction romane
Milieu XIe siècle (≈ 1150)
Consacrée par le pape Léon IX.
XIIIe siècle
Ajout des bas-côtés et chœur gothique
Ajout des bas-côtés et chœur gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Remplacement des moniales par des chanoinesses.
1793
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires
1793 (≈ 1793)
Destruction partielle du portail sculpté.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Première liste des monuments protégés.
20 février 1933
Élevation en basilique mineure
Élevation en basilique mineure
20 février 1933 (≈ 1933)
Sous le pontificat de Pie XI.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Maurice : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Gérard de Toul - Évêque de Toul (Xe siècle) |
Fondateur de la première église. |
| Thierry Ier de Metz - Évêque de Metz et seigneur local |
Commanditaire de l’église originale. |
| Léon IX - Pape (1049–1054) |
Consacre l’église romane reconstruite. |
| Abbé Boullangier - Curé au XIXe siècle |
Initiateur des restaurations majeures. |
| Léon Charles Grillot - Architecte diocésain |
Dirige les travaux du XIXe siècle. |
| Émile Boeswillwald - Architecte restaurateur |
Supervise la sauvegarde du portail. |
Origine et histoire
La basilique Saint-Maurice d’Épinal, située dans les Vosges, trouve ses origines au Xe siècle quand l’évêque Gérard de Toul érige une première église sur demande de Thierry Ier de Metz, seigneur local. Ce lieu religieux, initialement dédié à saint Maurice, accueillait à la fois moines bénédictins et fidèles. Un miracle aurait marqué la translation des reliques de saint Goëry, rapporté par l’évêque et le chroniqueur Widric. Au sud, un cloître et le premier cimetière spinalien (actuelle place de l’Âtre) complétaient l’ensemble. Au milieu du XIe siècle, l’évêque Adalbéron II y installe des moniales bénédictines sous le patronage de saint Goëry, remplaçant les moines disparus.
Une reconstruction majeure intervient au XIe siècle sous l’impulsion du pape lorrain Léon IX, qui consacre une nouvelle église romane. Les murs de la nef, encore visibles aujourd’hui, datent de cette époque, tandis que les bas-côtés sont ajoutés au XIIIe siècle. Ce siècle voit aussi le remplacement des moniales par un chapitre de chanoinesses, qui perdurera jusqu’à la Révolution. Le chœur est remanié, un portail nord (dite « entrée des bourgeois ») est ouvert, et la nef voûtée. L’église, redevenue paroissiale, abrite un autel dédié aux fidèles à l’extrémité est.
Au XIXe siècle, l’abbé Boullangier et l’architecte Léon Charles Grillot entreprennent une restauration majeure après le classement de 1846. La tour-beffroi est dotée d’un portail néo-roman, et des travaux préservent le décor sculpté du portail des bourgeois (XIIIe siècle), partiellement détruit en 1793 mais restauré sous la direction d’Émile Boeswillwald. Le 20 février 1933, l’église est élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie XI, marquant son importance spirituelle. Des restaurations ultérieures au XXe siècle mettent en valeur ses particularités architecturales, comme les absidioles désaxées ou les reliquaires des saints Goëry, Auger et Maurice d’Agaune.
L’édifice se distingue par son chœur à absidioles désaxées (45° par rapport à l’axe), une rareté dans l’art roman comparable à quelques églises de Champagne ou de Bourgogne. Le portail des bourgeois (XIIIe), orné de sculptures dont une Vierge à l’Enfant polychrome, témoigne de son rôle dual : entrée des paroissiens (nord) et des chanoinesses (sud, via le cloître). La tour massive (30 m), avec son escalier en colimaçon et son beffroi en retrait, domine la ville. À l’intérieur, un orgue du XVIIIe siècle, des reliquaires et un tableau de Nicolas Bellot (XVIIe) représentant la Passion illustrent son riche patrimoine.
La basilique incarne près de mille ans d’histoire religieuse et urbaine. D’abord monastère bénédictin, puis collégiale de chanoinesses, elle devient église paroissiale avant son élévation en basilique. Son architecture mêle influences romanes (nef du XIe) et gothiques (voûtes, portail), tandis que ses décors — comme les têtes sculptées conservées au musée d’Épinal — rappellent son passé médiéval. Classée dès 1846, elle reste un symbole du diocèse de Saint-Dié et un témoignage de la piété lorraine, entre culte des reliques et vie communautaire.