Origine et histoire de la Basilique Saint-Sauveur
La basilique Saint-Sauveur de Dinan, située dans les Côtes-d'Armor, est un édifice religieux catholique dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle. Fondée selon la légende par Riwallon le Roux, seigneur de Dinan, à son retour de croisade en 1112, elle est attestée comme possession de l'abbaye de Saint-Jacut dès 1123. L'église romane initiale, à nef unique, fut profondément transformée à partir de 1480 avec l'ajout d'un bas-côté nord et la reconstruction du chevet et du transept dans un style gothique flamboyant.
Au début du XVIe siècle, sous la direction du maître d'œuvre Roland Bougnard, le chevet fut entièrement reconstruit, intégrant des éléments Renaissance comme des rinceaux sculptés et des colonnes torsadées. L'effondrement du clocher en 1547 entraîna des modifications majeures, notamment l'abandon du voûtement de pierre au profit d'une charpente lambrissée. La basilique devint un lieu de dévotion mariale grâce au relief de Notre-Dame-des-Vertus, un bas-relief du XVe siècle provenant du couvent des Cordeliers.
Classée Monument Historique en 1862, la basilique a subi plusieurs campagnes de restauration, notamment au XIXe siècle sous la direction des architectes Hippolyte Béziers-Lafosse et Victor Ruprich-Robert. Elle abrite un mobilier remarquable, dont le cénotaphe du cœur de Bertrand du Guesclin, un orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1839), et des vitraux anciens et modernes. En 1954, elle fut érigée en basilique mineure par le pape Pie XII, en reconnaissance de son importance spirituelle et patrimoniale.
L'architecture de la basilique reflète son histoire mouvementée : la façade occidentale conserve des éléments roman (partie basse) et gothique (partie haute), tandis que le chevet, bien que inachevé, illustre la transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance. Le mur méridional, roman, contraste avec le mur nord, gothique, percé de vastes baies. Le transept, non voûté, est couvert d'une charpente lambrissée de 1646, et le chœur, entouré de cinq chapelles rayonnantes, témoigne de l'ambition architecturale du XVIe siècle.
La basilique joue un rôle central dans la vie religieuse et culturelle de Dinan. Au XVIIIe siècle, elle abritait jusqu'à douze confréries de métiers et quatre confréries de dévotion, reflétant l'importance de la pratique religieuse dans la ville. Pendant la Révolution, transformée en Temple de la Raison puis en grenier à foin, elle fut rendue au culte en 1801. Aujourd'hui, elle reste un lieu de pèlerinage et de tourisme, classé au cœur du Site patrimonial remarquable de Dinan.
Les fouilles archéologiques menées en 2019 devant la basilique ont révélé des sépultures médiévales et modernes dans l'ancien cimetière (actuel Jardin anglais), ainsi que des traces d'occupation antérieures, dont un calvaire des XVIIIe et XIXe siècles. Ces découvertes ont également mis en lumière l'évolution du niveau du sol, rehaussé d'environ un mètre depuis le Moyen Âge, soulevant des questions sur les transformations subies par l'édifice au fil des siècles.