Origine et histoire de la Basilique Saint-Sauveur
La basilique Saint-Sauveur de Rennes, initialement une chapelle médiévale mentionnée dès le XIIe siècle, fut entièrement reconstruite au début du XVIIIe siècle après l’effondrement partiel de l’édifice précédent en 1682. Les travaux, dirigés par l’architecte François Huguet puis par Forestier de Villeneuve, s’étalèrent de 1703 à 1768, malgré l’incendie de Rennes en 1720 qui endommagea le chantier. L’église, érigée en basilique mineure en 1916, doit sa renommée à quatre miracles attribués à Notre-Dame des Miracles, dont la découverte d’une mine anglaise en 1357 et la préservation du quartier des Lices lors de l’incendie de 1720.
Le culte marial s’y développa fortement après ces événements, aboutissant à la création d’une confrérie en 1670 par saint Jean Eudes. La statue miraculeuse de Notre-Dame, détruite pendant la Révolution, fut remplacée en 1876. L’intérieur baroque abrite un baldaquin remarquable (1768), une chaire en fer forgé (1781), et des ex-voto témoignant de la piété populaire. L’orgue de tribune, datant du XVIIe siècle et restauré au XIXe, fut inauguré par Gabriel Fauré en 1866.
Classée monument historique en 1942, la basilique illustre l’architecture religieuse classique française, avec une façade à l’italienne et un dôme caractéristique. Son mobilier, incluant des œuvres de Jean-Bruno Gassies et Charles Couasnon, reflète l’évolution artistique et dévotionnelle de Rennes. Après avoir perdu son statut paroissial en 1939, elle le retrouva en 2002, tout en conservant sa vocation basilicale.
Les vitraux contemporains, signés Louis Barillet (1951–1952), remplacent ceux détruits en 1940, tandis que la chapelle Notre-Dame des Miracles conserve ses verrières du XIXe siècle. Le site, marqué par des restaurations successives, reste un lieu de pèlerinage et de mémoire, mêlant histoire urbaine, patrimoine artistique et tradition religieuse.
L’histoire de la basilique est aussi celle de Rennes : son emplacement, au croisement du cardo et du decumanus romains, suggère une continuité cultuelle depuis l’Antiquité. Les archives révèlent son rôle central dans la vie paroissiale, avec jusqu’à 22 prêtres en 1713, et son adaptation aux bouleversements révolutionnaires, devenant tour à tour temple de la Raison puis siège épiscopal constitutionnel.
Aujourd’hui, Saint-Sauveur allie fonctions liturgiques et patrimoniales, avec un autel moderne (2011) intégrant des reliques de saint Melaine. Son orgue, classé monument historique, et ses décors intérieurs en font un témoin majeur de l’art sacré breton, tandis que ses miracles fondateurs continuent d’attirer les fidèles, perpétuant une dévotion vieilles de sept siècles.